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moindjie
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Vivez avec nous jours après jours de tout ce qui se passe sur notre région de Océan Indien.
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24.01.2008
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25.11.2009

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Tribune Libre

Lettre ouverte au président du conseil général de Mayotte

Publié le 05/11/2009 à 07:31 par moindjie

M. le président,

Lors d’une interview au journal télévisé de Télé Mayotte le lundi 19 octobre 2009, vous avez déclaré envisager la réduction des bourses des étudiants et lycéens mahorais en Métropole pour résoudre le déficit du conseil général. Cette annonce a fait l'effet d’une véritable bombe au sein des étudiants mahorais. Et pour cause, elle sonne comme un message de désengagement du conseil général de Mayotte envers ses étudiants expatriés.

En confirmant la possibilité de réduire la bourse des étudiants pour remédier au déficit du conseil général, vous avez montré que le conseil général était prêt à sacrifier sa jeunesse pour réglementer une gestion irresponsable du budget de Mayotte venant des hauts responsables de l’île.

Permettez-moi de vous dresser un tableau de ce qu’est la vie d’un étudiant en France. Pour vous donner une idée plus concrète je vais passer au rayon x mes revenus. Mes revenus sont de 1.061 euros par mois et se décomposent comme suit : 460 euros de bourse du Crous, 236 euros de bourse de la Dasu, 245 euros d’aide au logement, 60 euros gagnés pour de l’aide aux devoirs.

Et voici comment je dépense cet argent.

* Loyer : 550 euros.

* Téléphone portable : 23 euros.

* ADSL : 30 euros.

* Restaurant universitaire : 58 euros.

* Courses : 60 euros.

* Transport : 31 euros.

* Epargne : 50 euros.

Il me reste donc 199 euros, soit un peu moins que ma bourse de la Dasu pour m’autoriser des dépenses de loisirs (sorties, ciné, expositions, concerts…) ou de shopping (vêtements, produits cosmétiques…). C’est dire l’importance de la bourse de Mayotte. Sans elle, nous serions tous obligés de prendre un job à mi-temps chez Quick ou Mac Donald, alors qu’il n’est pas facile de concilier études et job étudiant.

Contrairement à un grand nombre de mes camarades, j’ai la chance de ne pas avoir à travailler pour ne pas avoir à me soucier de problèmes pécuniaires. Je bénéficie régulièrement d’une aide financière de mes parents. La dernière en date : 2.000 euros pour mon installation en région parisienne (caution de 985 euros + premier loyer + dépenses diverses). L’aide que je reçois de mes parents intervient surtout lorsque je suis confrontée à de grandes dépenses : déménagement, divers formations (prépas, formations linguistiques), voyages (qui servent également à l’éducation des jeunes).

Il faut savoir que beaucoup de jeunes mahorais ne sont pas dans mon cas. Et pour une grande majorité d’entre nous, passer des examens linguistiques type TOEFL ou TOEIC équivaut à plusieurs missions d’intérims. C’est même un luxe que beaucoup s’interdisent de s’offrir. Lorsqu’il change de ville, un étudiant doit avoir travaillé au moins un mois à temps plein pour pouvoir réaliser son déménagement. Alors si vous réduisez les bourses des étudiants, vous créez là un souci supplémentaire à de nombreux étudiants dont la situation est bien précaire, mais également à de nombreux parents qui n’ont pas tous les moyens d’envoyer au minimum 50 euros par mois à leurs enfants.

En outre, vous avez avancé le motif du "taux d’échec important des étudiants" pour justifier votre décision. Il est vrai que le taux de réussite des étudiants mahorais est très faible, mais les conditions d’attribution de la bourse de la Dasu sont méritocratiques. La Dasu ne tolère qu’un redoublement par cycle, soit 3 redoublements dans un cursus complet allant de la licence au doctorat. Alors que le Crous peut vous accorder jusqu’à 8 ans pour obtenir votre licence, la Dasu vous permet un délai de 4 ans maximum. Par conséquent, l’action de la Dasu ne semble pas porter sur des jeunes complètement désintéressés par les études, mais sur des étudiants plutôt sérieux qui essaient de s’accrocher à leurs études en dépit de conditions difficiles.

Enfin, je me permets de vous rappeler que la jeunesse de Mayotte représente 60% de sa population. Cette jeunesse mérite d’être soutenue. Elle a besoin de se sentir épaulée par son île, surtout lorsqu’elle a du mal à inscrire ses ambitions sur un plan national.



Mouniati Abdou Chakour,

étudiante en L3 "Monde contemporain et journalisme"


Tribune libre : L'île de Mayotte en devenir 2

Publié le 10/04/2009 à 12:00 par moindjie

De l’homme, de ses cultes et de ses cultures

Les observations et les témoignages exprimés au lendemain de la consultation par des personnalités nombreuses et par les médias ont marqué une pertinence indéniable en rapport aux enjeux statutaires de Mayotte et aux changements politiques à venir. Au-delà de l’actualité, au-delà des spéculations, au-delà des revendications et de l’effervescence de la victoire du "oui" que nous saluons, au-delà des conflits diplomatiques, une réflexion objective s’impose pour définir la condition de l’homme actuel et les perspectives de son devenir.

{xtypo_dropcap}E{/xtypo_drop^cap}n complément des questions politiques, économiques et sociales que nous avons évoquées précédemment, il s’agira de dégager l’hypothèse de l’homme mahorais actuel comme aboutissement d’un processus de trente années de transformation ayant considérablement modifié ses comportements, et de l’homme en devenir dans son projet de modernité sociale. L’intérêt de cette réflexion est de mesurer l’aptitude des individus à s’inscrire dans un projet de société et cela en s’attardant sur les aspects de la société mahoraise actuelle, ses opportunités et ses paradoxes. D’une manière claire, les aspects visibles de notre île dénotent d’une société en mutation profonde. Ils mettent l’individu face à une situation de dynamique des influences, des pensées, des mentalités multiples, hétérogènes, certains en mouvement, d’autres en perte de vitesse ou en stagnation.

Il s’agit d’interroger ces aspects pluriels, de voir la manière dont ils s’articulent, de les évaluer sous forme de catalyseurs en consensus ou en oppositions. La question serait celle-ci : en quoi les aspects culturels et cultuels de la société mahoraise actuelle constituent une structuration de l’individu ? Et en quoi ils sont favorables ou défavorables à l’épanouissement de l’homme dans la société nouvelle ? Les réponses à ces questions peuvent être les hypothèses d’une action politique locale au profit de l’individu.

Si on observe bien, on arrive au fait que trois niveaux d’influences de pensées, qui peuvent structurer l’individu, sont opérants dans la société mahoraise actuelle. Nous pouvons les catégoriser dans les trois termes qui les distinguent. Nous pouvons parler alors de néo-conservatisme, d’anticolonialisme fossilisé et de néo-modernisme. L’individu évolue sur cette brèche dans l’intervalle entre la tradition religieuse ou animiste, ce que j’appelle le néo-conservatisme, entre l’anticolonialisme fossilisé qui regrouperait les rejets de l’expérience coloniale du décolonisé et le néo-modernisme émergeant tourné vers l’avenir comme reconstruction opérante donc en devenir.

Considérer que ces influences constituent un cloisonnement, des frontières entre elles et qu’il n’y ait pas des interférences serait caricatural. Ces trois niveaux sont intéressants à observer parce qu’ils constituent les premiers enjeux identitaires, politiques, les sources de conflits ou de consensus entre les hommes, les lieux probables des débats de société, où ils s’entrecroisent et où s’épousent dans un rapport consensuel où ils sont en opposition. Ce qu’il faudrait mettre en avant, c’est que ces trois vecteurs constituent dans notre société des regroupements d’intérêt et des zones d’influence, voire des enjeux de pouvoir de telle sorte qu’il existe une volonté politique d’imposer une tendance au détriment des autres, tant il est vrai que ces influences régulent le comportement des individus et apparaissent comme décisives dans le devenir de l’homme. En cela elles peuvent constituer des espaces de censure ou d’encouragement, des problématiques liées à la liberté de l’individu.

Le néo-conservatisme définirait l’ensemble des croyances et des pratiques héritées de la tradition arabo-musulmane, swahili, avec ses codes et son mysticisme. C’est en réalité une société multiséculaire qui a survécu à la colonisation française. Fortement ancrée dans la religion musulmane et dans la cosmogonie bantu, ses sciences nombreuses sont héritées de la tradition arabe telle l’astrologie encore appliquée à Mayotte, l’exégète et la pratique du hadith comme rapport philosophique avec sa panoplie de notables, les cadi, les fundi, les cheikh, les hadj, les imam… gens influents et respectés, gens de pouvoir dépositaire d’un syncrétisme et d’une mystique de tradition mahoraise.

Cette fraction exerce une véritable autorité sur la population locale, c’est pourquoi la classe politique dirigeante collabore fortement avec elle. Aucun meeting, aucun évènement politique ne peut être envisagé sans la présence du Grand cadi et l’ensemble des notables. L’intérêt du pouvoir politique vis-à-vis des notables s’explique par la volonté de faire perdurer un concept d’identité mahoraise liée directement à l’islam et à sa tradition. C’est une volonté d’uniformisation, de contrôle de la population et des individus. Ainsi, lorsque la tradition et le religieux s’expriment, c’est souvent par intérêt politique et dans un souci de perpétuation de la notoriété des notables.

Je définirais l’anticolonialisme fossilisé comme un phénomène d’opposition systématique à l’Occident, ces comportements sont les conséquences de l’époque coloniale et des injustices entre les communautés, des inégalités entre les Métropolitains et les Locaux. Ces oppositions sont exacerbées par des lectures tardives des chantres de la Négritude et une découverte récente des exactions coloniales imposées à l’Afrique. Ceux-là auraient pu constituer un véritable mouvement de pensée s'ils avaient pu s’entendre entre eux. Malgré le peu d’organisation qu'il y a eu autour de ce cercle, les clichés occidentaux issus des théories de Gobinot, de Fronebius, R. Kipling, du R.P. Tempels… combattus déjà par Léopold Sédar Senghor, Alioune Diop qui font les éloges d’une Négrité des chantres de la Négritude consommées par les intellectuels, ceux-ci perpétuent une pensée qui revendique une tradition et une culture africaine uniformisante. Il n’est pas rare d’entendre dans l’ensemble des Dom-Tom se lever le chant élogieux de l’identité nègre liée à une tradition et un folklore négro-africains.

Sous couvert d’un engagement au profit de la préservation d’une identité musulmane ou africaine, ces deux attitudes sont en réalité la preuve de notre incapacité à proposer, notre impuissance à orienter, notre faiblesse face à une situation d’urgence qui demande à l’homme d’être inventif, de rénover, de renouveler, de réinterpréter, de recréer, d’être à la hauteur de son temps, de poser les yeux vers un futur (bien évidemment sans oublier le passé) mais ne pas faire du passé, de ce qui est acquis déjà puis dépassé, une priorité. Le passé ne se transforme pas, il est à connaître mais seul le futur modelé, assumé, maîtrisé peut apporter à l’homme-citoyen une maîtrise de son milieu, de son action. La cantate des traditions et des folklores renvoie en arrière, elle permet aux dirigeants politiques de disposer de leur peuple uniformisé, unifié dans une idée de la nation.

En réalité, la tradition et le religieux ont perdu depuis longtemps de leur force, les oppositions raciales, même si elles ne sont pas totalement dépassées, ne constituent plus des enjeux réels, même s'ils ont été relégués à leur juste intérêt spirituel et cultuel, même s'ils sont loin de représenter une préoccupation véritable de la société, même si ces héritages du passé ne contribuent plus vraiment à l’épanouissement de l’homme dans le milieu urbain, nous continuons à mélanger religion et politique, nous continuons à trouver à Mayotte, dans nos traditions religieuses, dans les croyances et les oppositions raciales, nos seuls actes de pensée et de sens…

On investit dans la religion, on voudrait croire qu’elle joue encore le premier rôle dans nos sociétés, qu’elle nous détermine encore, on catalogue, on étiquette les relations humaines dans une logique de couleur, on vend notre population comme population des croyances, des traditions et de moralité forte. Non pas que ces aspects soient à bannir, non pas qu’ils soient à anéantir, mais il faudrait reconnaître qu’ils ne constituent plus le socle sur lequel reposent les références réelles dans la nouvelle réalité qui pointe, celle de l’urbanité et des cultures nouvelles de l’informatique et de l’homo economicus.

La ville est bel et bien là et il s’avère que la première préoccupation de l’homme dans ces nouveaux espaces est la réalité de la culture de consommation. Elle est nécessairement liée au rapport d’achat et de vente comme seule alternative de vie et de survie dans son espace urbain, lieu des violences morales et physiques, d’hostilité, de transformation, de construction et de destruction, de conquête, d’exploitation, d’affirmation de soi. Toute l’activité de l’homme consiste à se faire une place dans ce milieu, c'est-à-dire à s’insérer dans le rapport économique de l’achat/vente sinon il est exclu. Ne parle-t-on pas du phénomène social des exclus qui commence à être une réalité chez nous où les enfants de la rue, les immigrés clandestins, les nécessiteux et les personnages âgés mendient sur le marché, où les classes pauvres mènent un perpétuel combat pour s’accrocher au rapport achat/vente, refusant l’exclusion.

Tout lieu possible se transforme aujourd’hui en lieu de vente/achat. Le marché se pose sur les trottoirs, les places publiques, les arrêts de taxi, les plages, les rebords des magasins, les sorties des hôtels. Le banditisme accéléré, vols, vente de drogue, prostitution galopante, rien que l’actualité de ces derniers jours fait état de plusieurs cas d’arrestations sur le marché de la drogue et du sexe … C’est une preuve que le rapport de l’homme à l’homme est désormais un rapport monétaire et non un rapport de race ou de foi. C’est une réalité et non une fatalité, car l’austérité des sociétés de consommation peut être dépassée et amortie par une politique complémentaire et non d’opposition, orientant une nouvelle éducation de l’homme dans la ville. Est-il judicieux de persister à défendre un monde de religion et de tradition obsolète, faut-il continuer à opposer le Blanc au Noir ou faudrait-il enfin prendre la ville par ses rues pour proposer une nouvelle culture de l’homme ?

C’est ce que les pays de libertés comme la France métropolitaine - la France parlons-en, la France et sa République - ont fait de la culture : une nécessite à côté de la nécessité économique. La politique culturelle est une politique d’accompagnement intellectuel de l’individu, l’ouverture à une autre consommation à côté de la consommation matérialiste, la consommation des humanités pensantes et émotives, je nomme ici les œuvres d’art, la culture en général, condition sine qua non la ville ne peut avoir une santé, car la pensée et les arts sont indispensables à la population pour que le conditionnement monétaire ne devienne pas une anarchie destructrice opérant dans le sens d’aliéner l’homme et de le réduire au conditionnement économique et au matérialisme austère, sans enjeu humain, sous les yeux passifs d’une politique conformiste du zélateur de la foi ou de la négrologie.

Face à cette réalité sociale nouvelle, la ville s’impose un accompagnement de l’homme que les Arts et la culture contemporaine peuvent prendre en charge. Nous prendrons l’exemple des révolutions sociopolitiques de 1968 en France pour illustrer le rôle que la culture contemporaine peut jouer dans nos sociétés. Les soulèvements de 1968 ont été couvés essentiellement dans les lieux de lecture. La société française s’inscrivait alors dans un véritable débat populaire proféré haut et fort, sans attendre que le pouvoir politique ou religieux mène la cadence. Les salles, les centres culturels ont été les lieux de débats et de rencontres de toutes les classes populaires, un débat largement influencé par les apports des artistes et des intellectuels (A. Camus, J.P. Sartre, Foucault, Genet…), qui incarnaient les idées nouvelles et qui les concrétisaient dans leurs œuvres pour provoquer le débat participatif des citoyens.

Ceci explique pourquoi les équipements voués à la culture sont nécessaires dans les sociétés modernes. Mais qu’est-ce que la France donne à Mayotte en matière de culture ? Qu’est ce que la politique locale donne à ses citoyens ? Les mosquées ? Les gymnases ? Les terrains de foot sans les infrastructures culturelles sont-ils à eux seuls capables de relever le défi de la société actuelle ? Et la tête de l’homme, on en fait quoi ?

Quand on sait que la politique culturelle de la France met l’accent sur l’aménagement des infrastructures dédiées à la culture et aux libertés de parole et d’expressions artistiques, on peut se demander pourquoi aujourd’hui Mayotte ne dispose pas d’un seul établissement moderne d’accueil des arts contemporains. Il convient alors de se demander si la politique locale désire l’épanouissement de l’individu dans sa société, son émancipation dans son monde ou la pérennisation d’une société conservatrice, arrêtée, non renouvelée, qui perpétue le pouvoir des notables religieux et des dignitaires du syncrétisme conservateurs.

Alain Kamal Martial

Auteur, dramaturge

Tribune : la fin d'une hypocrisie ?

Publié le 06/04/2009 à 12:00 par moindjie
Tribune : la fin d'une hypocrisie ?
C'est presque unanimement qu'ils ont répondu « oui » au référendum sur la départementalisation de Mayotte. Le 29 mars 2009, 95,2 % des électeurs mahorais ont exprimé le souhait de voir leur île devenir le 101eme département français et le 5eme département d'Outre-mer (DOM). Ce changement de statut – qui doit intervenir en 2011 – marque-t-il la fin de l'hypocrisie française dans l'archipel des Comores ?

Une hypocrisie qui a débuté avec le premier référendum de 1974 sur l'indépendance des Comores. Les populations de la Grande Comore, de Moheli et d'Anjouan y ont répondu favorablement, contrairement à la quatrième île de l'archipel, Mayotte, qui devait finalement rester française.

Tout en refusant d'admettre que le mode de comptabilisation par île des résultats était illégal et qu'en droit international Mayotte aurait dû rester comorienne, la France n'a pas pour autant tenu l'engagement que le général De Gaulle avait pris envers l'ensemble des peuples colonisés. Ce dernier avait assuré en 1958 qu'ils pourraient choisir entre le statut de territoire d'Outre-mer et celui de département.

Statut territorial ambigü

Or, lors d'une nouvelle consultation référendaire en 1976, Mayotte a repoussé le statut de territoire d'Outre-mer. Malgré tout, la France a préféré lui donner le statut ambigü de collectivité territoriale.

Un statut « provisoire » qui a prévalu pendant 25 ans... En devenant en 2001 une collectivité départementale, Mayotte préparait en effet la transition vers le statut de département, dont l'acceptation par les Mahorais ne faisait de doutes pour personne.

Sous couvert du respect des spécificités culturelles de l'île, cette hypocrisie française relative au statut de Mayotte s'est doublée d'une certaine lâcheté. Ainsi, pendant plus de 30 ans, la France a fermé les yeux sur l'application dans la collectivité de lois coutumières violant les droits fondamentaux. Tandis que Paris ratifiait la Convention européenne des droits de l'Homme, des règlements inspirés de la charria continuaient d'être appliqués à Mayotte.

Les cadis – autorités musulmanes investies entre autres des fonctions de juges – y perpétuaient l'inégalité entre les hommes et les femmes, autorisaient les mariages d'enfants de moins de 15 ans et, par leurs décisions aléatoires, faisaient régner l'insécurité juridique pour les Mahorais relevant du « droit local » - régime dérogatoire au doit commun.

Polygamie, répudiation, mariages d'enfants

Pour autant, l'accession de Mayotte au statut de département – que seuls les dignitaires musulmans semblent avoir repoussé – va-t-elle effectivement mettre un terme à ces pratiques que la loi française a cautionnées ? A l'image des quatre autres DOM, Mayotte devra, à compter de 2011, appliquer les lois et les règlements de la République « de plein droit », même si elle peut obtenir quelques aménagements du fait de ses spécificités insulaires.

Les fonctions judiciaires des cadis devraient par conséquent être entièrement dévolues aux magistrats de droit commun, qui ne jugent actuellement que les Métropolitains, les étrangers ainsi que la minorité de Mahorais ayant renoncé à leur statut personnel de droit local. La polygamie, la répudiation ainsi que le mariage d'enfants avant l'âge de 18 ans pourraient ainsi être complètement prohibés.

Mayotte encore davantage attractive

La départementalisation devrait par ailleurs permettre à Mayotte de bénéficier d'une protection sociale égale à celle existant en métropole et dans les autres DOM. Aussi, la couverture maladie, le SMIG, les retraites ou encore le RMI devraient progressivement s'aligner sur les niveaux nationaux, dans cette île au PIB trois fois inférieur à celui de la Réunion et... dix fois supérieur à celui des l'Union des Comores !

Le bénéfice de ces nouvelles prestations sociales combinés à la probable éligibilité de Mayotte aux fonds structurels européens vont immanquablement creuser l'écart de développement déjà énorme entre l'île française et ses voisins immédiats que sont l'Union des Comores (134eme rang mondial au PNUD) et Madagascar (143eme). Mayotte, dont le tiers de la population est constitué d'étrangers en situation irrégulière, n'en deviendra que davantage attractive.

L'échec de la chasse aux clandestins

Face à ce constat, la France ferait mieux de cesser de prétendre que le renforcement des contrôles aux frontières peut solutionner cette immigration du désespoir. D'ailleurs, les chiffres des autorités montrent bien que les radars et les vedettes n'ont jamais découragé les candidats à l'immigration clandestine.

En effet, 80 % des femmes accouchant illégalement à Mayotte y retourne tout aussi clandestinement dans le mois qui suit leur reconduite à la frontière. Tandis qu'on entasse les sans-papiers comme du bétail dans l'unique centre de rétention de Pamandzi, et que l'on se targe d'en reconduire 16 000 chaque année, les kwassas-kwassas continuent de défier la mer et la mort pour gagner les côtes mahoraises...

Au lieu de chercher à atténuer les antagonismes de plus en plus prégnants entre Mayotte et le reste de l'archipel, la France ravive les rancoeurs du passé en élevant un mur entre Mayotte et les Comores. Tout en prétendant privilégier le « développement solidaire » avec l'archipel, la France appuie les putshistes comme le colonel Bacar, ancien président de l'île d'Anjouan qu'elle a exfiltré en mars 2008 via Mayotte et La Réunion, au nez des Comoriens.

L'hypocrisie française dans la région semble hélas avoir de beaux jours devant elle...

http://www.afrikanheure.info

Tribune libre : L'île de Mayotte en devenir

Publié le 03/04/2009 à 12:00 par moindjie
Tribune libre : L'île de Mayotte en devenir
Face à la problématique de la société mahoraise, il me semble que la notion du devenir est la plus adéquate pour signifier l’engagement du peuple en faveur de la cause départementaliste. De fait, le devenir est lié au temps et à la manière dont les idées se renouvellent, ce qui donne tout son sens à l’action politique.

D’une manière générale et au regard de l’expérience d’autres peuples, le devenir est sans doute la motivation première de tout processus de pensée ou d’action engagé par les peuples et provocant les phénomènes de regroupements de masse dans le but de faire triompher l’idée d’un modèle de société ou le concept politique qui rassemble hommes et femmes dans la défense d’une cause commune. Le devenir dans son sens politique marque un désir commun exprimé par un peuple, une volonté commune tendant à atteindre un objectif socio-économique commun, parfois conceptualisé par un leader, ou par une collectivité de penseurs, le sens du devenir finit alors par se propager dans toutes les sphères sociales en s’exprimant comme le désir et la volonté du même aboutissement.

La revendication d’un devenir atteint son point culminant lorsque les couches populaires épousent les valeurs initiées par ses leaders ou sa classe dirigeante et qu’elles les font siennes. Dans ce cas, toute valeur autre qui ne va pas dans le sens du devenir souhaité par la masse est non avenue et ne peut avoir siège de cité.

Ainsi donc, il y a cinquante ans, le processus de revendication statutaire de Mayotte a été enclenché, son objectif : faire de l’île un département français. Au fil de l’histoire, les hommes et les femmes se sont succédés, de génération en génération la même parole a été divulguée dans l’ensemble des partis politiques et des couches sociales, les ennemis de la cause ont été désignées, les héros couronnés, puis mythifiés, immortalisés et portés par le peuple, si bien que la revendication départementaliste a constitué le seul et l’unique mot d’ordre des responsables politiques locaux. Il fut érigé en un idéal auquel l’ensemble du peuple doit se rallier, de telle sorte que le sens même de l’histoire de Mayotte ne saura être dissocié de la revendication départementaliste ou du devenir Département.

Depuis 1958, durant cinquante ans, sans cesse et au fil d’au moins trois générations, sous forme de renouvellement et de répétition des mêmes formules – "Nous voulons rester Français pour être libres" - les mêmes pensées et les mêmes idées sont revenues, une stagnation de cinquante ans. Les militants se sont relayés jusqu’au 29 mars 2009, date à laquelle les derniers porteurs du flambeau ont concrétisé l’aboutissement du processus de devenir en signant un plébiscite de 95% de vote en faveur du "oui" à la départementalisation.

S'il y eut cinquante ans de revendication, cinquante ans d’engagement et de militantisme pour un devenir commun auquel se sont ralliées plusieurs générations, c’est que chaque génération a eu conscience du point d’aboutissement attendu et régulièrement retardé par la France, à savoir le statut de Département. La transformation de Mayotte en Département en 2011, portant à sa satisfaction le désir, la volonté de ce devenir devenu réalité signifie–t-elle la fin d’une ère et le début d’une autre ou plutôt la continuité des mêmes discours et des mêmes clichés stériles puisant dans le passé militantiste les arguments, les raisons de s’exprimer et de légitimer le discours politique.

"Il est plus que temps de jouer enfin un nouvel air pour cette nouvelle ère qui s’ouvre"

Si c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour Mayotte, le devenir de l’homme et de sa société à l’intérieur du statut de Département sera et doit être la première préoccupation politique, économique et sociale. Cela implique dès lors une urgence de révision du discours politique, des zones de débat et une orientation nouvelle de la problématique sociopolitique et économique.

L’homme politique, l’intellectuel et les médias doivent avoir d’office un discours capable d’émettre les hypothèses d’une société en devenir, de proférer les projections sociales probables, de définir un mode de société souhaitable, d’enclencher une réflexion tournée vers l’avenir, de dépasser le discours de la presse et de la politique focalisé sur des bribes de mémoire, sur la sacralité d’un passé mythifié, le perpétuel retour des pères et mères d’une cause déjà acquise en se déclarant eux-mêmes héritiers du combat, d’aller au-delà de la revendication d’un combat quinquagénaire abouti le 29 mars 2009, de dépasser le systématique éloge des artisans mythifiés du mouvement, de finir avec la mystification religieuse de la politique.

Il est plus que temps de jouer enfin un nouvel air pour cette nouvelle ère qui s’ouvre, que les notes jouées par les épilogueurs du référendum, les rhéteurs du mouvement, les interlocuteurs politiques et médiatiques de la logomachie adoptent enfin le discours du défi, celui qui éclaire, qui annonce la réflexion réelle sur le nouveau devenir à féconder aujourd’hui, le défi d’inscrire le discours politique, médiatique et intellectuel enfin, enfin ! Enfin maintenant ! Autour des véritables questions des sociétés actuelles.

Car en votant à 95% pour la départementalisation de Mayotte, les Mahorais doivent comprendre qu’ils ont fait le choix d’intégrer un mode de société de modernité mesurée dans sa logique de consommation, de croissance, de profit, en un mot un mode de société capitaliste avec tout ce qui s’en suit, avec ses risques pour l’homme et ses périls pour l’environnement, ses avantages modernisants et progressistes et ses inconvénients écologiques. C’est uniquement dans ces zones nouvelles qui vont très vite devenir des réalités locales que le discours peut avoir un sens, au-delà de ces sphères de la problématique socio-économique et politique contemporaine aucun sens n’est envisageable.

Une page se ferme, une autre s’ouvre et les questions sont nombreuses : quel est le sens de sa lecture ? De gauche à droite ? De droite vers la gauche ? Quel sens donner à ces vocables nouveaux qui apparaissent : fiscalité, citoyenneté, égalité, pouvoir d’achat, mais surtout développement, progrès, croissance, profit, partage des richesses et le maître mot le capitalisme, la crise, la dette de l’Etat, la conjoncture… La liste est longue, mais voici les mots qui ont fondé depuis deux siècles les sociétés industrialisées, devenues sociétés capitalistes et sociétés de consommation que les Mahorais désirent et espèrent (même si nombreux seront ceux qui ne voudront pas l’admettre) ?

"Le monde entier est en quête de formules nouvelles pour repenser, recréer une dynamique qui pourrait relancer l’économie mondiale"

Cette réalité a été survolée par un mois de campagne électorale et plusieurs années de réflexion sur le devenir de Mayotte. On se focalise toujours et encore sur l’identité mahoraise et les spécificités, débat alors dépassé. La propagande pour le "oui", si elle s’est attardée sur un point pertinent, ce fut sur la fiscalité. Mot magique, définition à rebours, récitation des schémas prêts à exposer. Mais qu’en est-il de la globalité d’un système de développement reposant sur le concept de création des richesses dont parle aujourd’hui le secrétaire d’Etat à l’Outremer monsieur Yves Jégo, qui dès l’annonce des résultats du référendum fixe les lignes du devenir nouveau.

Selon le secrétaire d’Etat, la création des richesses doit se faire à travers la création des entreprises, l’emploi, la consommation et la croissance ? C’est cet espace de réflexion qu’il faudra aborder, de front et en connaissance des réalités locales avec une France et l’ensemble d’un Occident en crise.

Le penchant vers un modèle - la société de consommation, des industries de création de croissance à l’occidentale - bute de suite sur une réalité indéniable aujourd’hui : la chute d’un système capitaliste en crise. La crise que connaît l’ensemble du monde capitaliste s’exprime comme une mise en cause de l’ensemble des vocables normatifs et référentiels des systèmes d’organisation socio-économiques, celui-là même de la France entre autres. Les notions de consommations, de profit et de croissance, les mécanismes de création de richesses sont remis en cause par la crise actuelle qui fait de l’Occident le serpent qui se mord la queue.

Sans abris, chômage, seuil de pauvreté, corruption, endettement, démagogie sont la réalité de la France de Nicolas Sarkozy, cravachée en pleine figure par une crise qui étouffe son économie. Face à la saturation de ces sociétés, tout devenir est compromis, saturation du désir, saturation du matérialisme, crise sociale, crise individuelle, égoïsme, cupidité, fraude, corruption, une économie amorale et mafieuse, malversation d'un système économique détruit par ceux-là même qui constituent ses gardiens à Wall street, dans les grandes firmes devenues les maîtres du monde, les PDG des grandes entreprises de France, les PDG des banques.

Le grand problème des sociétés de consommation actuelles, c’est que leur industrie a créé un excès de désir, une surconsommation des produits d’une part et d’autre part des profits mal distribués, des amoralités d’un marché anarchique tels que le Président (le messie) Nicolas Sarkozy parle désormais de moralisation de l’économie du marché. Des décrets d’urgence sont pris par le Premier ministre François Fillon contre les patrons voraces qui bénéficient de stock options et de parachutes dorés.

La crise actuelle parachève un système qui a été pensé après la deuxième guerre mondiale et qui s’est institué en modèle de référence. Il est évident que le monde entier est en quête de formules nouvelles pour repenser, recréer une dynamique qui pourrait relancer l’économie mondiale, non pas un capitalisme éhonté et démoralisé mais une société produisant à la juste mesure de l’homme et distribuant les richesses pour le bien-être général.

"Quel modèle d’économie à Mayotte ? Quel modèle d’entreprise ? Quel tourisme ? Quelle place pour l’environnement ?..."

Cette question de l’homme prend tout son sens à Mayotte. Elle nous impose une réflexion qui doit nous éloigner des précipitations aveugles causées par cinquante ans de soif et d’attente. Elle doit nous éloigner de la voracité cupide de ces novices matérialistes qui contre toute valeur sont prêts à tout pour briller dans leur 4x4 au détriment de toute planification sociale réelle.

On pourrait estimer que ceci soit loin de Mayotte, à l’heure où nos réalités sont celles des pays sous-développés. On peut penser qu’il n’y a pas de sens encore à parler de société de consommation, que nos problèmes ne sont pas encore les effets pervers des développements.

Je réponds d’une part qu’il y a cinquante ans la préoccupation avait été un simple statut de département, aujourd’hui le penchant est la question du développement et du progrès social dans un département français. C’est depuis le 29 mars une réalité et les questions évoquées doivent nous préoccuper aujourd’hui, pour que dans cinquante ans elles ne constituent pas les premiers handicaps de notre société.

D’autre part, pas plus qu’il y a quelques semaines, les secousses provoquées en Guadeloupe par le collectif LKP, puis en Guyane, puis à la Réunion, contre le faible pouvoir d’achat, contre les inégalités, contre les profits énormes des patrons, contre des richesses non distribuées, la misère des locaux et l’opulence des patrons, n’avaient pas été pensées en 1948, lorsque les îles des Antilles s’assimilaient aux départements français de la République…

Il n’y a d’alternative que celle d’interroger le devenir des cinquante ans à venir qui nous met désormais face à une réflexion claire sans ambiguïté : quel modèle d’économie à Mayotte ? Quel modèle d’entreprise ? Quel tourisme ? Quelle place pour l’environnement dans ce penchant au développement et à la consommation ? Qu’est-ce qu’il faut introduire à Mayotte ? Qu’est ce qu’il faut éviter pour que cette génération ne soit pas coupable de la pollution qui définitivement plongerait notre île dans l’irrémédiable catastrophe écologique, tant la terre et la mer sont les premiers réservoirs alimentaires d’une population pauvre.

Alors, quel projet social et économique réel dans une société comme la nôtre ? Quel choix entre hausse des salaires, du Smig, des aides sociales et détaxation des produits de premières nécessités ? Entre une société de consommation massive polluante, surpermonétarisée et une société puisant dans son éthique morale les valeurs qui régulent l’économie et le marché ? Entre une société de surconsommation et d’importation massive qui pollue et une société qui préserve ses atouts naturels et qui les valorise? Entre une société vitrine, des déséquilibres et des inégalités qui incitent à la cupidité, au matérialisme, à la corruption et une société défendant la mesure de la suffisance et de la justesse ?

Faudrait-il transformer la terre et la mer ou former l’homme, l’orienter, l’éduquer dans un esprit écologique en mesurant toute l’action politique, économique et sociale à son profit dans un sens d’équilibre réel, afin que le Mahorais soit non pas une machine d’achat-vente, de producteur-consommateur-pollueur aspirant à posséder, homme vide sans pensée, sans éthique, mais un citoyen responsable, avisé, compétent qui peut répondre à l’exigence d’une société ouverte au monde et sur le monde, à l’abri des perversités des sociétés de consommation et des pollutions irrévocables ?

Quel devenir de Mayotte dans le statut de département ?

Alain Kamal Martial

Ecrivain, dramaturge

A Son excellence Monsieur le Président de l'Union des Comores Aux Honorables députés de l'Assemblée

Publié le 14/03/2009 à 12:00 par moindjie
A Son excellence Monsieur le Président de l'Union des Comores Aux Honorables députés de l'Assemblée
Messieurs,
J'ai préféré m'adresser à vous par une voie de communication accessible à nombre de nos compatriotes afin de les prendre à témoin quant à la complicité du gouvernement et de l'assemblée nationale dans la politique du fait accompli de la France sur Mayotte.
En effet, il apparaît clairement que l'action fort louable des comoriens par le biais de leurs associations respectives, pour sensibiliser l'opinion française, seul rempart capable d'arrêter la politique annexionniste de la France, ne pourrait pas être efficace compte tenu du mutisme complice du gouvernement comorien.
Force est de constater que les gouvernements français et comorien, comme les médias français, pratiquent la même politique visant à cacher au peuple français l'annexion par la France d'une partie du territoire comorien au mépris du droit international.
La presse et les autorités politiques françaises et comoriennes ne se sont jamais intéressées aux manifestations des comoriens de France, sur l'annexion de Mayotte alors qu'il existe un conflit réel aux lourdes conséquences, opposant les 2 pays amis.
Néanmoins, afin de bien endormir les comoriens nos autorités n'ont jamais manqué l'occasion de dénoncer l'occupation illégale de Mayotte par la France, dans leurs meetings respectifs et dans les ondes des radios et des télévisions alors qu'ils savent bien que personne d'autres ne peut entendre leur revendication en dehors de notre territoire.

Nos autorités politiques se trompent d'interlocuteurs et ce à tous les niveaux mais, je ne peux pas imaginer qu'ils sont d'intelligence avec des forces occultes. Le peuple reste le seul juge et, on ne peut pas le tromper éternellement.
Aussi, nos autorités politiques se trompent de débats et de priorités politiques comme le rappelle le déchirement sur la révision de la constitution au moment où les élus Mahorais et autres nostalgiques d'un empire colonial révolu font la navette entre Paris et Mayotte pour plaider leur cause.
La désillusion des comoriens est grande. Ne sont que dérisions et diversions, les disputes sur la constitution au moment crucial où le gouvernement français avec la complicité de nos compatriotes mahorais, organise un référandum pour la départementalisation de Mayotte.
Nos députés n'ont jamais jugé utile de venir en France pour rencontrer leurs homologues afin de plaider leur cause tout en saisissant les médias pour dénoncer la politique néo-coloniale de leur gouvernement. Une action en France serait plus efficace que les palabres stériles dans les 4 murs de l'assemblée nationale.
Oui !le problème de Mayotte doit être traité en France entre comoriens et français et non pas ailleurs. Mayotte faisant partie intégrante du territoire comorien, il n'appartient pas aux Mahorais seuls de décider de l'avenir de Mayotte ou de l'éclatement des Comores. Toutefois les Mahorais comme leurs frères de Ngazidja, Mohéli et Anjouan sont libres de prendre individuellement la nationalité de leur choix.
Il faut rappeler que les français ne sont pas les ennemis des comoriens et la grande majorité des français ne peut pas tolérer l'annaxion de Mayotte par la France.
Enfin tout se passe comme si notre gouvernement a accepté la politique du fait accompli, mais l'histoire retiendra que certains aînés n'ont jamais lâché du lest.
Il est encore temps que le gouvernement comorien et nos élus se mobilisent pour venir en France afin de dénoncer auprès du peuple français la politique annexionniste de leur gouvernement.
Bonne réception.

Votre compatriote, ABDOU

Pourquoi nous voulons le statut de département ?

Publié le 14/03/2009 à 12:00 par moindjie
Pourquoi nous voulons le statut de département ?
Pour le respect du combat de nos anciens qui se sont battus depuis 50 ans, mais aussi pour un ancrage définitif et sans ambigüité de Mayotte à la France.

Il est vrai qu’aujourd’hui, l’inscription de Mayotte dans la Constitution française fait de Mayotte une île totalement française, et que son détachement de la République ne peut se faire sans le consentement de sa population. Cependant ne perdons pas de vue le fait que Mayotte française fait l’objet de contestation de la part des Grands comoriens, en total mépris du choix des Mahorais plusieurs fois exprimés depuis 1974 (pour ne citer que l’histoire récente).

Si d’aventure, nous disons "non" à la départementalisation de Mayotte, cela ne fera que renforcer leur position et donc amplifier leur contestation du fait français à Mayotte. La départementalisation de notre île est une chance pour nous les jeunes.

Pourquoi sommes-nous obligés de quitter nos familles après le bac pour poursuivre nos études ? Parce que l’île est assez mal dotée en structures d’enseignement supérieur. Sachez donc que la construction d’université relève de la compétence de l’Etat et l’Etat, comme c’est inscrit dans le Pacte, va s’engager dans la voie de développement de Mayotte dans tous les domaines, y compris le domaine de l’enseignement supérieur. Aussi, en répondant "oui" dimanche 29 mars, nous nous donnons les moyens de poursuivre dans un avenir proche l’enseignement supérieur à Mayotte, où les filières de formation vont se diversifier.

Je dis tout simplement que dire "oui" dimanche 29 mars 2009 constituera une garantie pour l’éducation des jeunes mahorais. L’obligation de poursuivre les études en Métropole, loin de la famille, n’est-elle pas une des causes de nos échecs ? Alors luttons contre notre échec en disant oui.

Moi je suis un jeune comme tous les autres jeunes, qui sont aujourd’hui sceptiques ou qui ont peur quant à la départementalisation de notre si belle île, l’île aux parfums. Ne soyons pas dupes et ne nous trompons pas, la départementalisation de Mayotte ne signifie en aucun cas que la spécificité mahoraise sera effacée. La Réunion (comme d’ailleurs les autres Dom) est un département comme tout département français, et elle a conservé ses spécificités.

La départementalisation nous emmènera plus d’Europe et donc un moyen d’assurer les conditions d’un développement durable de Mayotte. Toutes les collectivités françaises (départements et régions) reçoivent des aides de l’Union Européenne pour assurer le développement économique. Ces aides-là, notre île en aura plus que besoin pour se développer.

La départementalisation de Mayotte ne se fera que de façon progressive, il n’y a donc pas raison d’avoir de l’inquiétude parce que ça ne va pas bouleverser brutalement la société mahoraise.

Nous avons une chance historique d’avoir un Président de la République pragmatique, ne gâchons pas cette chance ! Et ensemble, votons "oui" le 29 mars. Jeunes de Mayotte cet avenir est le nôtre, donnons-nous la chance de le réussir !

Vive la République et vive Mayotte au sein de la République française

Mohamed Bourra (dit Martins)

Tourisme : La Réunion épargnée par la crise ?

Publié le 03/03/2009 à 12:00 par moindjie
Tourisme : La Réunion épargnée par la crise ?
Depuis quelques semaines les titres se multiplient dans les médias : “Le tourisme international en panne”, “Le tourisme miroir de la crise”, “Coup de froid sur les vacances au soleil”.

De son côté, l’Organisation Mondiale du Tourisme annonce, pour 2008, une croissance du tourisme international ralentie à 2 % en raison d’un second semestre à - 1 % . Pour 2009, les prévisions n’écartent pas un recul de 2% avec un risque plus fort sur les destinations long-courriers. Certes, depuis les années 80, les comportements ont évolué : les voyages - loisirs sont désormais un noyau dur de la consommation “à préserver” quitte à s’adapter (moins longtemps, moins loin, moins cher). Mais, si la crise internationale s’aggrave pour les particuliers (chômage, dettes…), il y aura à coup sûr des “arrêts sur voyages”. Dans ce contexte, jour après jour, des destinations se déclarent “en crise” : Paris, Espagne, Grèce, Maroc, Tunisie, Cuba, République Dominicaine et même Dubaï ! L’océan Indien (Maldives, Seychelles, Maurice) n’est pas à l’écart. Dans ce ciel noir, quelques rares éclaircies : Etats-Unis, stations de sports d’hiver et … La Réunion, au vu des réactions des professionnels locaux sur leur activité 2008 et leurs perspectives 2009 (enquête conjoncture IRT). Cela peut s’expliquer. D’abord, les plus satisfaits et optimistes sont les hôteliers. Ce n’est pas surprenant : ce secteur affiche des taux d’occupation à 75 %, retrouvant les scores d’avant le chick ; mais il faut préciser qu’entre-temps, la capacité d’accueil a baissé de 30 % ! Ensuite, le handicap de l’île (clientèle française trop exclusive) s’est sans doute transformé en atout conjoncturel (en 2008, la clientèle française a continué de fréquenter l’océan Indien, permettant d’ailleurs à Maurice de limiter la casse alors que les autres grands marchés européens amorçaient une chute). D’ailleurs, les chiffres (INSEE/IRT) ont confirmé pour La Réunion une progression de 8,7 % de cette clientèle sur le premier semestre 2008 Enfin, la clientèle locale (32 % de la fréquentation hôtelière) s’affirme de plus en plus comme la première clientèle de proximité (mais attention, elle n’est pas “chasse gardée” et peut être sensible aux “offres” des sirènes mauriciennes !) Ces “360 ° de plénitude” vont-ils se poursuivre en 2009, faisant de La Réunion un îlot de calme dans un océan international de tempête ? Rien n’est moins sûr. Dans quelques semaines, le bilan officiel de fréquentation 2008 sera publié. Le second semestre 2008 confirmera-t-il la progression des 6 premiers mois ou comme dans la plupart des destinations, révélera-t-il un début de fléchissement ? Peut-on voir un signe dans les résultats (INSEE) de fréquentation hôtelière pour novembre (sommet de la haute saison), certes très corrects, mais inférieurs à novembre 2007 ? À ce jour, peu de données sur début 2009 alors que la crise se confirme et s’amplifie dans nombre de destinations désormais en état de ‘“mobilisation”. Mais certains faits peuvent inquiéter : le touriste français, “bon élève 2008” paraît désormais subir la crise de plein fouet et depuis fin 2008, les destinations “soleils d’hiver” le ressentent . Ensuite, il n’y a guère de reports à espérer de la situation aux Antilles. En soulignant les risques d’extension à La Réunion, la médiatisation a créé un amalgame DOM. Réel ou virtuel, ce risque pousse les professionnels du tourisme en métropole à “jouer la prudence” (l’épisode chick a démontré leur talent en la matière) et à des transferts ailleurs que dans un autre DOM, d’autant plus qu’ils sont courtisés avec insistance par les destinations “en crise”, à coup d’offres tarifaires à – 30 % , -40 %. Il y a donc fort à parier que d’ici peu l’optimisme des professionnels locaux, justifié par une activité 2008 à “360° de plénitude” cédera place à quelques degrés d’inquiétude pour 2009, entraînant une mobilisation de tous les intervenants publics et privés Le contexte sera difficile. Certes les efforts poursuivis et renforcés en matière de communication assurent l’indispensable visibilité - image de la destination. L’offre-produit (autour de la diversité et de l’originalité) ne manque pas d’attractivité. Mais le problème, déterminant en période de crise de consommation, sera celui du prix. On sait que l’île, du fait de ses coûts structurels, ne peut lutter sur le terrain des “prix cassés”. On n’est plus, en effet, sur des réductions de 10 à 15 % mais sur des baisses allant jusqu’à 40 %, voire au-delà. La communication Réunion ne donnera sa pleine mesure qu’en s’appuyant sur une approche marketing adaptée à la situation, (comportement de crise des consommateurs) et au contexte (concurrence agressive généralisée), particulièrement en matière de ciblage de clientèles et de pertinence de l’offre tarifaire (transport et séjour sur place). C’est à cette condition que le message de séduction entraînera un développement des flux touristiques et que La Réunion pourra écarter “360° d’inquiétude” pour les mois à venir

René Barrieu

Mayotte : la force du droit contre le droit de la force

Publié le 11/02/2009 à 12:00 par moindjie
Mayotte : la force du droit contre le droit de la force

C'est où Mayotte ?
C'est un petit bout de terre, partie intégrante de l'archipel des Comores, situé dans l'Océan indien, à 10 000 km de Paris.
Que s'y passe-t-il là-bas ?
La France envisage de faire de cette île, le 101e département français, contre la volonté de l'ONU et au mépris du droit international.
Les Comores constituent le 141e état souverain, membre de l'ONU où elles sont admises le 12 novembre 1975, sans opposition aucune, de quelque nation que ce soit. Mais la France, puissance colonisatrice, a eu probablement des remords tardifs et refuse de se conformer au droit international dont elle se fait forte de demander le respect par les autres pays du monde. Elle occupe par la force, depuis plus de 33 ans, l'île comorienne de Mayotte, qui est devenu une zone de non-droit. Les rapports de la Cimade, du Collectif Migrants Outre-Mer (MOM), de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de la Défenseure des enfants, en disent long à ce sujet.
Mais comment peut-on expliquer le silence de l'opinion publique française devant une telle forfaiture ?
L'état français fait tout pour imposer un black-out sur le sujet, de manière à éviter que les peuples français et européens, notamment, soient informés de la réalité de ce contentieux franco-comorien sur l'île comorienne de Mayotte. Les méthodes de la Françafrique sont mis à contribution, bien sûr : corruption, chantage et intimidation...des autorités comoriennes pour qu'elles n'en parlent pas dans les forums internationaux.
Un des stratagèmes utilisés par la France est la mise en scène d'intellectuels de renom pour mener insidieusement une campagne de désinformation, voire d'intimidation. C'est ainsi que ces dernière semaines, Monsieur Oraison, professeur de droit public à l'Université de La Réunion, a publié dans le journal Témoignages, une série d'articles pour le moins tendancieux. Notre professionnel du droit fait une analyse, se voulant juridique mais en réalité juridico-politique, du contentieux franco-comorien sur l'île comorienne de Mayotte. Il démontre que l'état comorien a raison et que sa souveraineté sur l'île de Mayotte est incontestable au regard du droit international ; mais que la France n'acceptera jamais de passer par une juridiction internationale, sachant qu'elle sera condamnée à coup sûr (voir ici).
Suite à son analyse, l'éminent professeur livre une conclusion extraordinairement fascinante par son incohérence : c'est « le pot de terre contre le pot de fer », l'état comorien doit se consolider politiquement et économiquement pour, à terme, espérer établir une relation de type « confédération bilatérale » avec Mayotte la française. Il a tombé le masque.
Pourtant le professeur n'a pas toujours eu cette vision. Il serait, par exemple, intéressant de savoir ce qu'en pensent ses pairs de l'université ou ses étudiants ou ses auditeurs à la conférence qu'il a donné au Centre culturel Alpha de Saint-Pierre (La Réunion) le 9 octobre 2007 (voir ici).
Dans cette conférence, il s'est interrogé sur l'avenir d'un « territoire peuplé par près de 200 000 habitants d'origine africaine (essentiellement bantous et malgaches), de religion musulmane (à plus de 97%) et soumis dans une très large mesure au droit coranique et à la coutume locale [...], pour une terre à la fois française et francophile mais non-francophone de naissance (à plus de 80%) » ? Il a clairement dit que « en votant la loi du 31 décembre 1975 qui fait un sort particulier à Mayotte, le Parlement [français] se renie lui-même » et a donné la position de « "la doctrine des publicistes les plus qualifiés" [qui] reproche à la France d'avoir oublié que la décolonisation n'est pas seulement une question de pur droit public interne. Elle affirme en effet que [...] la loi du 31 décembre 1975 viole de manière manifeste le principe du monisme avec primauté du droit international sur le droit interne tel qu'il a été reconnu dès le milieu du XIXe siècle par les juridictions internationales arbitrales avant d'être purement et simplement confirmé par les deux Cours universelles de La Haye ». Notre professeur aurait-il été secondairement sensibilisé aux intérêts de « la France des trois Océans » ?
Et pourquoi cet acharnement de la France à écraser un si petit pays ?
Beaucoup de pays africains sont "victimes" de la richesse de leur sous-sol. Les Comores sont, à mon avis, victime de leur position géographique. Même si la guerre froide est théoriquement terminée, le Canal de Mozambique par où passent les deux tiers du pétrole du Moyen-Orient, n'a pas perdu son importance géostratégique. Mais il y a aussi le fait que c'est grâce à ces "confettis" coloniaux, disséminés loin de la métropole, que "la France des trois Océans" est la 2e puissance maritime du Monde. Et dans l'esprit de l'état français, l'enjeu vaut bien un piétinement du droit international et la mort de quelques 6000 Comoriens (sacrifiés en mer du fait de l'occupation française) en quelques années. Nous avons manifestement, avec le cas de Mayotte, une illustration parfaite de la boutade du leader Kanak Jean-Marie Tjibaou qui disait, à propos de la vérité de l'homme blanc, que « c'est celle de l'invité inattendu qui s'installe dans votre maison avec sa famille et qui, quelques temps après, demande un vote démocratique pour savoir à qui appartient la maison ».
Cela n'a peut-être pas l'air, mais c'est la paix internationale qui se joue dans ce petit pays. Car, si la communauté internationale accepte que la force écrase le droit, cela risque bien, à terme, de faire boule de neige dans un monde où les velléités sécessionnistes sont légion. Cela est prévisible, et quand ça se produira l'opinion publique française et européenne n'aura pas le droit de dire qu'elle ne savait pas. C'est bien maintenant qu'il faut chercher à savoir, prendre position et agir. C'est bien un état européen qui occupe par la force une partie du territoire d'autre état, membre de l'ONU, et dont la souveraineté a été maintes fois réaffirmée par toutes les instances internationale incluant les pays européens. L'Europe va-t-elle se renier ? L'Europe va-t-elle se laisser entrainer dans cette mésaventure par la France et, de fait, devenir complice d'une ignominie qui risque de ternir son image ? En acceptant, sans réagir, la départementalisation de Mayotte par la France, par quelle gymnastique juridique l'Union européenne peut-elle reconnaître cette île comme Région ultra-périphérique (RUP) de l'Europe, conformément à l'article 299 du traité d'Amsterdam, sans être en contradiction flagrante avec le droit communautaire et le droit international ?
Français, Européens, ce problème est aussi le vôtre ! Le référendum programmé par le président français à Mayotte le 29 mars 2009, pour faire de cette île le 101e département de France, ne doit pas avoir lieu. Il est urgent d'agir en ce sens, ici et maintenant.
Abdou Ahmed
Membre du Collectif Comores Masiwa Mane (CCMM)
Paris

Comores: AHA fossoyeur de l'autonomie des îles

Publié le 09/02/2009 à 12:00 par moindjie
Comores: AHA fossoyeur de l'autonomie des îles

Le projet de constitution concocté par AHA exigerait une infinité de commentaires comme il mériterait que l'on ne s'y attarde pas du tout, si l'on s'en tenait seulement aux principes.

En effet le premier principe serait de considérer ce projet comme anti-constitutionnel, et donc nul et non avenu, puisqu'il remet en cause une condition fondamentale de la constitution actuelle, l'autonomie des îles (cf. article37 « .... la forme d'organisation de l'Union, telle qu'elle est prévue par la présente Constitution, ne peut faire l'objet d'une révision. »

Le deuxième principe serait de considérer la manœuvre du président comme une atteinte grave à la démocratie et une absence flagrante de probité : en effet, AHA cède par ce référendum à un syndrome bien digne de tous les tyrans du Tiers-Monde, qui consiste à modeler les constitutions pour se servir ; il aurait pu peut être tromper des citoyens mal avisés, en changeant la constitution non pas pour lui même, mais pour son successeur.

Alors, comment accorder le moindre crédit à un homme politique qui bénéficie d'une constitution pour arriver au pouvoir et qui change les règles du jeu, à la fin du mandat pour marcher sur cette même constitution et se maintenir au pouvoir ? : Manifestement la honte ne tue que les innocents qui n'ont rien à se reprocher.

Cependant, force est de parler de cette constitution qui constitue un véritable désastre, à plus d'un titre :
Qu'elle marche complètement sur l'autonomie des îles, n'est pas une parole en l'air : le président de l'île, devient un gouverneur avec pratiquement les compétences d'une simple gestion décentralisée à l'instar d'un maire.

Alors que l'île constituait une véritable entité administrative, économique et politique, la base même de l'Union des Comores, elle devient avec cette constitution, une simple circonscription à la tête de laquelle se trouve non pas, le gouverneur mais le délégué général de l'Union, à l'exemple des Hauts Commissaires de l'Autonomie Interne, un Superman qui concentre tous les pouvoirs de contrôle de l'île.

Il s'agit bel et bien d'une régression centralisatrice avec un semblant fédéral.

Quant à l'aspect financier, le surcoût des institutions dont on nous rabâché les oreilles, on voit bien qu'il s'agit d'un leurre ; non seulement, les institutions ne changent que de nom : gouverneur, commissaires (président et ses ministres), conseil de l'île (assemblée de l'île), mais AHA ajoute d'autres structures ( 3 vice-présidents au lieu de deux et 3 délégués généraux avec leur administration ; qu'on nous explique pourquoi un gouverneur gagnerait moins qu'un président et un délégué général moins qu'un gouverneur ?

L'on sait trop bien que le problème n'est pas lié aux structures, mais à la gouvernance (comment on gère le bien public, on limite et punit les abus et autres détournements de fond etc. ?)

Sur ce plan, AHA est mal placé pour donner des leçons, à voir comment il se sert du pays à son profit, celui de ses proches, et son harem impressionnant, ceci dans l'opacité la plus complète.

Cette constitution est dangereuse aussi, à plus d'un titre : l'Islam y est inscrit comme religion d'état ; on peut se demander si les Comoriens sont moins musulmans aujourd'hui, sans cette stipulation dans la constitution actuelle et surtout pourquoi dans ce cas, les libertés individuelles et publiques ne sont pas elles aussi inscrites dans la constitution et doivent seulement apparaître dans la loi de l'Union.

Qu'est-ce qu' AHA nous prépare après l'adoption de sa constitution ?
Alors que l'assemblée de l'Union pourra censurer les ministres, sous forme de pétition ( ?), rien n'est prévu pour le contrôle du président ou des vice-présidents, en cas de trahison ou d'abus grave.

AHA semble s'opposer à la sécession et prévoit des peines à cet effet, mais la sécession tombe-t-elle du ciel ? Est-ce une malédiction divine ? Ou est-elle le fait de l'homme et de ses erreurs ?

Sur cela, AHA a une grave responsabilité : il est en train de pousser Mohéli à la sécession comme l'a fait un islamiste aussi aveugle que lui, pour ne pas citer Taki avec Anjouan : « Mohéli a droit à la tournante présidentielle aujourd'hui et pas après demain, par principe d'abord et parce qu'on ne sait pas ce que tu réserves à ce pays, demain » ; l'adage dit bien que « qui a bu, boira »

De plus, concernant Mayotte, AHA est doublement coupable: pour n'avoir pas su gagner le cœur des Maorais, en contribuant à construire un pays viable engagé dans le progrès, mais au contraire un repoussoir qui les conforte dans leur choix, et pour avoir prévu de tenir son référendum au même moment que le référendum de départementalisation de Mayotte, ceci pour mieux bâillonner les Comoriens.

Au total, ce référendum et cette nouvelle constitution sont un nouveau coup porté contre le pays et l'argument de la synchronisation des élections n'est que pures balivernes
(au juste, comment va-t-on faire pour les élections d'Anjouan ?)
Le monde politique comorien semble très peu ému par l'organisation de ce référendum constitutionnel.
C'est là une lourde erreur car, encourager les atteintes contre les constitutions et les tripatouillages n'a jamais grandi un pays ni conduit un pays au développement ; de plus, une grande partie de la population de Mohéli et d'Anjouan ont à juste titre le sentiment d'être encore les dindons de la farce.
Et ce n'est pas parce qu' AHA est originaire d'Anjouan, qu'il ne se comporte pas en anti-anjouanais notoire (même ses fervents partisans savent qu'il n'a rien fait pour Anjouan : comme l'autre obscurantiste qui était Taki, il a attaqué et bafoué Anjouan et tous ses grands projets de développement sont réservés pour la Grande-Comore)

AHA cède ainsi comme tous les présidents Comoriens au complexe de la Grande-Comore et de Moroni, et à l'influence de son microcosme politique (pour se ménager sa bienveillance), sa seule velléité de résistance étant de s'enrichir indûment et enrichir les siens (et non les Anjouanais comme on peut l'entendre).
Pour nous, cette nouvelle constitution est inacceptable et ne pourrait être cautionnée par les Anjouanais : la Constitution actuelle est le fruit du sang des Anjouanais et il ne peut être effacé d'un revers de la main, dans un quelconque coin de bureau.

Si révision il doit y avoir, cela ne peut être qu'après le tour de Mohéli, après un bilan général et avec toutes les composantes du pays.
AHA est arrivé au pouvoir, avec le tour d'Anjouan ; Anjouan ne veut pas d'une rallonge pour une présidence obscurantiste, corrompue, népotiste, frivole, incompétente et injuste.
Nous prônons pour le boycott de ce référendum nul et non avenu.
Qu'AHA se soumette à la constitution qui l'a porté au pouvoir !

NON AU REFERENDUM !
NON A CETTE CONSTITUTION BIDON !

Rejoins les rangs de RAPIA (Rassemblement pour les intérêts d'Anjouan), une organisation dont l'unique ambition est de défendre et de servir Anjouan.

Représentant de RAPIA : ZAROUKI

Comores: Avant-projet de constitution : Le débat se poursuit

Publié le 04/02/2009 à 12:00 par moindjie
Un diplomate de la place qui a requis l’anonymat, estime que ‘‘le premier souci majeur qui anime l’initiateur de ce projet de révision de la constitution est le dysfonctionnement des institutions du pays, le deuxième souci est d’ordre financier et en troisième lieu, il s’agit de ‘‘faciliter la gestion du pays’’. En revanche, ce juriste qui ‘‘veut aller encore plus loin’’ que le texte présidentiel, s’étonne que le texte propose simplement des ‘‘changements de nom, donc d’appellations’’ mais qu’on ‘‘retrouve’’ les assemblées et les gouvernements insulaires. Parallèlement, il ne comprend pas que le délégué nommé pour coordonner l’action de l’Union dans les entités insulaires ait beaucoup plus de pouvoirs et d’autorités que le gouverneur de l’île.

Ne pas se disperser

Selon lui, cela ‘‘risque de créer un conflit de compétences au niveau des îles’’. Il faut souligner aussi que les dix neuf lois organiques prévues dans la Constitution de 2001 n’ont pas été complétées tandis que d’autres viendraient s’y ajouter. Selon lui ‘‘l’idée n’est pas en soi mauvaise mais elle est mal préparée’’.
Même son de cloche chez Ali Hamadi, juriste de formation, qui estime que ‘‘l’avant projet soumis par le président n’est pas le Coran’’ (sous entendu qu’on peut le changer). D’ailleurs rappelle-t-il, ‘‘le président a pris le soin de le soumettre à l’appréciation des présidents des îles, et des partis et la communauté internationale s’en est mêlée, ouvrant la voie une concertation nationale sur le sujet’’.
Il soutient que ‘‘il serait dangereux de se disperser sur des points futiles alors que l’avant projet apporte de solutions sur les questions de fonds, à savoir prévenir et réprimer les tentatives de sécession, réduire sensiblement les coûts de l’architecture constitutionnelle. Ni la tournante, ni l’autonomie des îles n’ont été mis à mal par l’avant projet du président’’.
Aboubacar Abdou Msa, juriste de formation, soutient pour sa part que ‘‘le moment choisi est inopportun par rapport au référendum sur la départementalisation de Mayotte’’. Ce temps choisi pourrait influencer négativement ‘‘aux motivations officielles du président de l’Union à l’exception notoire de la prolongation du mandat présidentiel’’. Les motivations énoncée par Aboubacar sont la ‘‘réduction du nombre des institutions, l’allégement des charges publiques, l’harmonisation des scrutins et la prolongation du mandat présidentiel’’.
Selon lui, ‘‘l’avant-projet maintient les quatre législatifs, les quatre exécutifs et y rajoutent une troisième vice-présidence et trois délégations à raison d’une par île. Ce qui signifie qu’il n’y a pas dans l’avant-projet de loi proposé de correction aux reproches budgétivores de la constitution actuelle’’, raisonne Aboubacar Abdou Msa qui estime, par rapport à l’harmonisation des scrutins que ‘‘le code électoral en vigueur le prévoit’’.
En fin, Aboubacar Abdou Msa relève des contradictions dans le fait que l’avant-projet de constitution érige l’islam comme religion d’Etat, consacre, en même temps, la liberté de culte et sanctionne toute discrimination fondée sur la religion.
Ali M’Houmadi, un fundi très populaire, dit ne pas comprendre les réserves affichées alors que depuis longtemps, tous les leaders politiques promettaient dans leur campagne de travailler pour mettre fin aux conflits de compétences. ‘‘Le président Sambi a imposé son poulain Abdoulwahoib à la tête de Ngazidja avec la promesse qu’il sera ainsi mis fin aux tensions politiques entre l’Union et l’île de la Grande-comore, c’est l’inverse qui se produit’’. Selon lui, cela démontre que le texte est ‘‘foncièrement mauvais. Deux ans après, les Comoriens ont compris qu’il faut changer de fond en comble le texte’’.

* Photo : le juriste Aboubacar Abdou Msa

Rassemblées par Kaiva.