Outre-mer
Publié le 07/11/2009 à 06:07 par moindjie
Le Vendredi 06 Novembre, le Conseil Interministériel de l'Outre-mer (CIOM) a publié les décisions prises suite aux Etats Généraux de l'Outre-Mer.
Présentation des décisions communes aux Outre-mer
Présentation des décisions par territoires
Présentation des décisions communes aux Outre-mer
Des mesures transversales
En proposant l'organisation des Etats Généraux de l'Outre-mer (EGOM) le 19 février 2009, le Président de la République donnait le coup d'envoi de la plus vaste consultation jamais réalisée outre-mer.
En Guadeloupe, à la Réunion, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Polynésie Française et dans l'hexagone, tous les Outre-mer ont mené ce travail de réflexion collective en élaborant des propositions pour l'avenir. La Nouvelle-Calédonie, insérée dans sa propre dynamique depuis les accords de Nouméa, n'a pas souhaité participer à cette démarche pour ne pas fragiliser la démarche de transferts de compétences en cours et à venir.
Entre le 15 avril et le 31 juillet dernier, selon une périodicité et une méthodologie fixées localement, ces rencontres ont suscité maintes prises de position passionnées et donné lieu à des échanges particulièrement utiles. Des centaines de réunions ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de participants, mêlant élus locaux et citoyens anonymes, acteurs économiques et milieux associatifs, professionnels de l'éducation et de la culture et représentants institutionnels et parents d'élèves, enseignants, lycéens, collégiens.
D'une manière générale, les participants ont exprimé leur souhait que la situation change, que les relations avec la métropole connaissent un tournant. Au-delà des mesures normatives, financières et techniques qui en découleront, il est capital d'entendre le message récurrent des populations locales qui aspirent à un mieux être que traduit aujourd'hui la revendication d'un nouveau modèle de développement.
Au fur et à mesure des débats et forums organisés dans chacun des territoires ayant pris part à l'exercice, cette aspiration massive au changement s'est traduite par des idées forces qui sont apparues, de plus en plus nettement, dans une configuration et selon une intensité propres à chaque collectivité. Il est d'autant plus important de les relever qu'elles donnent le sens et la direction du mouvement d'ensemble qui se dessine sous nos yeux dans les outre-mer, par la volonté des hommes et des femmes qui y vivent. Certaines ne sont pas véritablement nouvelles. D'autres sont relativement inédites. Dans tous les cas, les unes et les autres apparaissent aujourd'hui beaucoup plus consensuelles. Ces idées forces forment un logiciel qui permet de penser ensemble et de relier les propositions émanant d'un même territoire ainsi que, dans une certaine mesure, les différents projets territoriaux entre eux. Elles en expriment la transversalité et en assurent la cohérence. Elles leur confèrent aussi une meilleure lisibilité et, sans doute, une plus grande rationalité.
Les projets territoriaux dégagent au moins cinq orientations fondamentales susceptibles de moderniser la relation des outre-mer avec la métropole et réciproquement :
« Etre soi-même au sein de la République ».
En complément du principe d'égalité, le principe d'identité passe aujourd'hui au premier plan des souhaits et des consciences. Par sa récurrence et son intensité, il traverse de part en part les « paquets » de propositions locales. La diversité des outre-mer est irréductible. Chaque territoire est une entité spécifique. Les protocoles ne sont pas superposables. Dans tous les compartiments de l'action publique, il s'agit d'administrer la différence, en privilégiant autant que nécessaire des politiques publiques sur-mesure plutôt que des dispositifs prêt-à-porter. Pour ce faire, les citoyens et leurs représentants souhaitent devenir des acteurs à part entière du développement de leurs territoires respectifs.
« Prendre une plus grande part dans la gestion publique des affaires locales ».
Dans des termes propres à chaque territoire, ce principe de responsabilité est partagé par des acteurs locaux qui aspirent à jouer un rôle accru et à une meilleure représentation dans la conception, la décision, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques publiques. Ce primat donné à la proximité est perçu à la fois comme un garant de la démocratie et des politiques locales. Il s'agit de trouver de nouveaux équilibres, en rapprochant les citoyens de ceux qui prennent les décisions. De même, il s'agit de simplifier un dispositif institutionnel particulièrement complexe aux yeux des citoyens qui voudraient être davantage associés aux décisions qui ont un impact direct dans leur vie quotidienne.
« Etre acteur d'un développement endogène et durable ».
Prolongement logique des principes d'identité et de responsabilité, cette aspiration revêt une double dimension : d'une part, elle traduit la volonté locale de jouer un rôle actif dans un processus de revitalisation économique perçu comme capital et urgent ; d'autre part, elle exprime la qualité d'un développement conçu comme endogène et durable. Par là-même, il s'agit de favoriser une formule de développement susceptible de réduire l'extrême dépendance économique des outre-mer tout en répondant au défi de concilier la protection et la mise en valeur de l'environnement.
« Construire ensemble une République plus fraternelle ».
Cette demande de fraternité revêt un relief particulier pour les citoyens français d'outre-mer qui ont le sentiment, diffus mais tenace, d'être tenus en marge de la République. Selon la belle formule de Jean Cocteau, il est urgent de « passer d'un regard qui dévisage à un regard qui envisage ». Pour faire évoluer ces représentations collectives qui affectent les perceptions réciproques, il s'agit aujourd'hui de favoriser le changement du regard de la France sur les outre-mer, celui des outre-mer sur la France mais aussi celui des outre-mer sur eux-mêmes. A ce titre, un puissant élan doit être donné à la politique éducative, par le biais des programmes scolaires et universitaires, et par celui de l'éducation artistique et culturelle à l'école, pour permettre à la jeunesse une appropriation de l'histoire, de l'environnement, des langues, des pratiques sociales et des expressions artistiques, tout un héritable de racines dont la connaissance pourra engendrer les fruits neufs de l'avenir.
« S'appuyer sur un Etat qui joue pleinement son rôle ».
Il y a une forte attente d'un Etat renforcé, d'un Etat régulateur. Cette demande d'Etat adopte des formulations différentes : déconcentration, utilisation par le Préfet du pouvoir de substitution en cas de carence, renforcement de la mission d'appui, de conseil. Plusieurs ateliers désignent les services de l'Etat qui devraient être renforcés pour les rendre plus adaptés aux besoins du terrain, mais aussi encore davantage garants de l'intérêt général et de l'ordre public
Présentation des décisions par territoires
Conseil Interministériel de l'Outre-Mer
Mesures du CIOM déclinées par territoire
La Guadeloupe
Les Etats généraux de l'Outre-mer ont été lancés en Guadeloupe le 27 mars 2009. Huit ateliers ont été constitués pour traiter les huit thèmes arrêtés par le Président de la République, en liaison avec les élus locaux.
Le rapport final constate :
. une référence fréquente, dans les travaux, aux besoins de synergie, de complémentarité, de mutualisation ;
. le besoin de simplifier le fonctionnement de nombreuses institutions ;
. une volonté de dépasser l'individualisme pour aller vers des modèles d'organisation plus collectifs.
Le rapport final, qui repose sur l'idée que la fierté d'être guadeloupéen s'accompagne d'une volonté de bien vivre en Guadeloupe et de s'ouvrir aux mondes, présente les priorités sous la forme de quatre points clés : la reconnaissance de l'identité guadeloupéenne est majeure et structurante ; la Guadeloupe veut mettre en avant la qualité de vie ; restaurer la confiance et le respect est indispensable ; l'éducation et la formation sont au coeur des actions de modernisation
Guyane
Les Etats Généraux de l'outre-mer ont été lancés officiellement le 16 avril 2009. Huit ateliers ont été constitués pour traiter des huit thèmes arrêtés par le Président de la République, en liaison avec les élus locaux;
Le rapport final constate :
. la concentration de la population sur une faible partie du territoire alliée à une forte progression démographique, un étalement urbain excessif, un réseau de transport lacunaire.
. un marché du travail qui se caractérise par un sous-emploi massif et une large part des chômeurs sans qualification ;
. sur le plan économique, le rapport note la dépendance économique vis à vis d'un nombre réduit d'activités, le manque de capitaux, des situations d'oligopoles voire de monopole ;
. La faible insertion dans l'environnement régional ne contribue évidemment pas à corriger ces travers.
Le rapport final présente les priorités de la Guyane sous la forme de « quatre grands axes »
. Produire la connaissance et former les hommes ;
. « Booster » le développement économique ;
. Promouvoir la diversité, la culture, la mémoire pour construire une identité et un avenir commun ;
. Faire le choix d'une gouvernance moderne.
Martinique
Les Etats généraux de l'Outre-mer ont été lancés en Martinique le 18 avril 2009
Huit ateliers ont été constitués pour traiter les huit thèmes arrêtés par le Président de la République, en liaison avec les élus locaux. Le rapport final constate :
. que le débat visait à permettre aux Martiniquais de définir un projet de société pour la Martinique, prenant en compte les revendications populaires avec un objectif de modernisation sereine du rapport avec la France ;
. que la Martinique est à la croisée des chemins, si elle veut tendre vers un développement endogène et harmonieux ;
. que la Martinique vit un paradoxe économique où se côtoient confort social et chômage particulièrement élevé, dans un contexte d'affaiblissement de la solidarité traditionnelle ;
. que tout projet de développement ne peut prospérer sans valoriser l'identité culturelle martiniquaise et rétablir la confiance, notamment chez les jeunes ;
. que les Etats généraux ont cherché à proposer de modifier des règles du jeu, dans un but d'efficacité et de tolérance, sans exclure telle ou telle catégorie sociale ou économique
Mayotte
Les états généraux de l'outre-mer ont réuni à Mayotte l'ensemble de la classe politique, les collectivités territoriales et les organisations socio-professionnelles, dans le prolongement de la réflexion conduite en amont de la consultation populaire du 29 mars 2009 relative à la départementalisation de l'île, approuvée à plus de 95 % de la population.
Ils ont constitué l'occasion d'ouvrir la réflexion sur les modalités de déclinaison, par des propositions très concrètes, des grandes orientations fixées par le « Pacte pour la départementalisation », dans le champ du pouvoir d'achat, de la structuration des filières agricoles, de la mise en valeur des réserves foncières, ou encore de la formation.
. La réflexion s'est organisée autour d'un comité de pilotage réuni par le préfet, en présence des parlementaires, des représentants des principaux partis politiques, des présidents de chambres consulaires et des partenaires sociaux. Elle s'est déclinée à travers la réunion hebdomadaire de 8 groupes de travail (« formation des prix », « productions locales », « foncier », « développement économique et emploi durable », « dialogue social », « formation », « insertion régionale », « identité, mémoire et culture »), présidés par l'un des membres du comité de pilotage, et largement ouverts à la société civile. Huit réunions publiques ont également été organisées entre avril et juin 2009 dans les principales communes du département. Enfin, le conseil général de Mayotte a délibéré sur les propositions formulées, à l'occasion d'une session extraordinaire tenue le 28 octobre 2009. Au total, ce sont plus de 2000 personnes qui ont participé aux ateliers et/ou aux réunions publiques, dans un climat constructif et très participatif.
. Les propositions formulées à l'issue de ces états généraux confirment le fort attachement des mahorais à la convergence rapide vers le droit commun (notamment dans le champ social ou salarial), et les attentes fortes qui persistent à s'exprimer à cette fin dans l'intervention de l'Etat, et, prochainement, de l'Union Européenne. Elles laissent apparaître cependant le souhait de nombreux mahorais de préserver et de valoriser un certain nombre de spécificités et d'atouts locaux, au nombre desquels l'autonomie douanière et fiscale de la collectivité, les traditions culturelles et religieuses. La question de l'insertion de Mayotte dans son environnement régional demeure une question sensible, le processus étant moins perçu à ce jour comme une force pour accompagner le développement social et économique de l'île que comme un facteur de déstabilisation (immigration, crainte d'une « mise sous tutelle » par La Réunion, etc.). La réflexion engagée au sein des différents ateliers a fait émerger de très nombreuses propositions, dont la concrétisation relève pour partie de la seule mobilisation des acteurs locaux, quand d'autres supposent un appui du niveau national, notamment par la mise à disposition de moyens adaptés.
Métropole
Le Délégué Interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer a lancé les Etats généraux des ultramarins de l'Hexagone le 22 avril en présence du Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales et du Secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer.
Le comité hexagonal des Etats généraux a présenté ses rapporteurs et les thématiques des 14 groupes de travail. Après un grand débat public le 9 juin 2009 qui a réuni plus de 800 personnes et au cours duquel les rapporteurs ont présenté un bilan à mi-étape, plusieurs réunions publiques en juin et juillet se sont tenues en régions et dans des villes de l'Ile-de-France où réside un grand nombre d'ultramarins : Bordeaux, Epinay-sur-Seine, Clichy la Garenne, Trappes, Drancy, Vigneux-sur-Seine, Marseille, Toulouse, Nantes, Lyon, Rouen, Drancy et Meaux.
Des groupes de travail ont été mis en place dans chaque département des villes citées ci-dessus pour recueillir les propositions de la population ultramarine. Dans les quatre régions : Provence Alpes Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Gironde et Pays de la Loire, les groupes de travail ont regroupé les ultramarins de l'ensemble de leurs départements.
Polynésie française
Les Etats généraux ont été pilotés par le comité d'organisation et organisés par le comité opérationnel chargé de suivre régulièrement l'état d'avancement des travaux.
La Présidence a mis à disposition les moyens techniques et humains nécessaires à la tenue de ces Etats généraux. L'Etat est venu en appui de la collectivité : appui logistique, rémunération d'une partie des équipes d'assistance, prise en charge des frais relatifs aux déplacements dans les îles. Les communes ont également apporté un appui logistique.
Un site Internet et un répondeur téléphonique gratuit ont été spécifiquement mis en place, et un « Livre blanc », destiné à recueillir les remarques, suggestions et propositions des Polynésiens a été distribué dans toutes les communes.
Des déplacements dans chaque archipel ont été organisés afin que toute la population, même la plus éloignée, puisse s'exprimer. La Polynésie française est peut-être la seule collectivité où une telle organisation tripartite Etat/Pays/société civile a été retenue.
Elle a permis à l'Etat de participer au processus de consultation et de surmonter les importantes contraintes liées aux délais impartis et à l'éclatement géographique des archipels (notamment pour organiser des réunions dans toutes les communes).
Saint-Martin
Les travaux des Etats généraux de l'outre-mer (EGOM) dans la collectivités de Saint-Martin ont été officiellement lancés le 15 avril 2009 par le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat, lors d'une réunion de présentation à la presse locale de cette consultation et notamment des ateliers constitués pour cette occasion.
Certains thèmes retenus pour les DOM, comme celui de la gouvernance et des institutions locales, n'apparaissent pas pertinents pour la collectivité de Saint-Martin, compte-tenu de sa récente évolution statutaire.
Par ailleurs, le conseil territorial est d'ores et déjà engagé dans un certain nombre de réflexions qui concernent des sujets relevant de la compétence exclusive de la collectivité et non celle de l'Etat (développement touristique notamment). Enfin, la réalisation d'un certain nombre d'équipements structurants devrait être abordée dans un autre cadre, contractuel et pluriannuel associant l'Etat et la collectivité.
Saint-Pierre-et-Miquelon
Les Etats généraux de l'outre-mer se sont tenus à Saint-Pierre et Miquelon du 15 au 23 juin dernier, sous la forme de cinq réunions publiques.
Quatre réunions se sont tenues à Saint-Pierre et ont porté sur les thématiques successives suivantes :
« Identité et Environnement régional » (atelier présidé par le sénateur Denis DETCHEVERRY)
« Economie et développement » (atelier présidé par le président du Conseil territorial Stéphane ARTANO)
« Travail, emploi et formation » (atelier présidé par la députée Annick GIARARDIN).
Une cinquième réunion s'est tenue à Miquelon et a porté sur l'ensemble de ces thématiques. On a retrouvé parmi les participants les principaux élus de l'archipel et de nombreux socio-professionnels.
Chacun des ateliers a donné lieu à un compte-rendu rédigé par les chefs de services de l'Etat compétents puis validé par chaque président.
Les synthèses des ateliers ont été publiées au niveau local par le biais d'un numéro spécial de la lettre de l'Etat, ainsi qu'au niveau national via le site internet des états généraux. Les propositions concernent le statut de l'archipel, et la remise à plat de la desserte maritime des territoires. Le développement des relations avec le Canada ; la promotion de l'emploi.
Pour en savoir plus
Les décisions spécifiques aux territoires
Contact presse :
Secrétariat d'Etat chargé de l'Outre-mer
Publié le 08/04/2009 à 12:00 par moindjie
Villette (La)
Parc de la Villette 211 av. Jean Jaurès, 75019 Paris, France
tel. 01 40 03 75 75 (réserv)
Guadeloupe, Guyane, Haïti, Jamaïque, Martinique, Île Maurice, Porto Rico, République Dominicaine, La Réunion, Trinidad
Que signifie être caribéen, caribéen-haïtien, caribéen-jamaïcain, ou encore français de Martinique, de la Réunion ou de Guyane ? Au-delà d'une histoire commune marquée par la traite, l'esclavage et la colonisation, comment penser ces multiples identités ?
Pour la première fois, une exposition d'art contemporain rassemble des artistes autour de ce thème.
60 créateurs originaires des Caraïbes, de l'Océan Indien ou des diasporas européennes et Américaines… livrent leur vision de la diversité des mondes créoles dans un espace de 2800m2 au cœur de la Grande Halle.
Un parcours rythmé par des installations plastiques, des œuvres picturales et littéraires, des ensembles photographiques et des films documentaires.
Regard inédit sur la richesse et la diversité de ces territoires, KRÉYOL factory est une fabrique de sens, celui à donner au mot créole.
Avec : Jean-Yves Adelo, Thierry Alet, Jane Alexander, Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla, Lyle Ashton Harris, Jane Evelyn Atwood, Jack Beng Thi, Mario Benjamin et les artistes de la Gran' Rue: André Eugène, Celeur, Jean Herard, Frantz Jacques dit Guyodo; Jean-François Boclé, Terry Boddie, Ernest Breleur, Alex Burke, Tony Capellan, Patrick Cariou, Renée Cox, Patrice Cujo, David Damoison, Jean-Luc de Laguarigue, Jean-Ulrick Desert, Polibio Diaz, Sokari Douglas Camp, Claudine Doury, Thierry Fontaine, Phyllis Galembo, Yo-Yo Gonthier, Leah Gordon, Daniel Goudrouffe, Stanley Greene, Marina Guttiérrez, Prince Jeanjo, Valérie John, Louis Juste, Mathieu Kleyebe Abonnenc, Audry Liseron-Monfils, Marcos Lora Read, Miguel Luciano, Alex Majoli, Susan Meiselas, Pierrot Men, Nicolas Nabajoth, Wendy Nanan, Pepon Osorio, Bruno Pédurand, Bruno Peinado, André Pierre, Marcel Pinas, Jorge Pineda, Belkis Ramirez, André Robèr, Sentier, Philippe Thomarel, Thierry Tian-Sio-Po, Michel Vanden Eeckhoudt, Patrick Vilaire, Limber Vilorio, Kara Walker, Fred Wilson, Frantz Zéphirin, Wilhiam Zitte.
De 14h à 22h du mardi au jeudi
De 11h à 19h du vendredi au dimanche
Tarifs :
Plein tarif 7 € - Tarif réduit 5 € - Moins de 16 ans 3,5 € - Carte Villette gratuit
Achat en ligne 5 € (sur villette.com et fnac.com)
Gratuit pour l'accompagnateur d'une personne en situation de handicap
Tick'Art accepté
Tarif réduit : demandeurs d‘emploi, moins de 26 ans, personnes en situation de handicap...
Les billets vendus par le réseau fnac sont majorés d'une commission
Infos/Résa : 01 40 03 75 75
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=evenement&no=18115
Publié le 31/03/2009 à 12:00 par moindjie
Alain Bazot Président
Le conflit social qui a agité les Antilles a mis en lumière le véritable enfer qu'y vivent les consommateurs. Au-delà de la question des salaires, celle des prix ne peut rester dans l'ombre et le projet de loi pour le développement économique de l'Outre-mer, actuellement discuté au Parlement, ne saurait faire l'impasse sur le sujet.
Si l'UFC-Que Choisir n'a pas d'association locale en Guadeloupe et Martinique, elle est en revanche présente à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, et force est de constater que les habitants de ces îles vivent un véritable enfer consumériste. En effet, nos deux associations locales sont en prise directe avec les dysfonctionnements des marchés et participent régulièrement à nos enquêtes prix. Or, les résultats locaux sont sans appel : les derniers relevés de prix dans les hypers et supermarchés, réalisés en 2008, révèlent que les prix sont deux fois plus élevés en Nouvelle-Calédonie et 74 % à la Réunion. S'agissant des enseignes hard-discount, les résultats de l'enquête de septembre dernier sont similaires : notre panier de 23 produits de base est deux fois plus onéreux à la Réunion et deux fois et demie en Nouvelle-Calédonie. Pour aggraver le tout, Leader Price règne en maître en Nouvelle-Calédonie et jouit d'un quasi-monopole à la Réunion (9 magasins sur 10). Cette situation inadmissible ne peut perdurer et l'argument du coût de l'approvisionnement servir d'alibi ! Conscients du problème, les sénateurs ont amendé le projet de loi pour le développement économique de l'Outre-mer, et demandent que le prix d'un certain nombre de produits de première nécessité dans les collectivités hors métropole puisse être fixé par décret en Conseil d'État. Aux députés de confirmer cet amendement s'ils souhaitent mettre fin à ce préjudice majeur puisqu'il concerne une dépense incompressible : l'alimentaire. Mais l'enfer consumériste de l'Outre-mer s'étend aussi aux transports aériens et à la distribution de carburant. L'UFC-Que Choisir de la Réunion se plaint depuis longtemps des tarifs prohibitifs des compagnies ariennes dans l'île. En condamnant, en décembre dernier, quatre compagnies pétrolières pour entente sur l'approvisionnement en kérosène d'Air France, le Conseil de la concurrence a sans doute trouvé une des explications au coût prohibitif du billet. Mais les transports terrestres ne sont pas mieux lotis. Notre association locale réunionnaise déplore aussi la cherté des carburants dans les stations-service. Si le gazole est depuis peu au même tarif qu'en métropole, l'essence, elle, est 0,14 euro plus chère à la Réunion. En Guyane, l'écart est de 0,17 euro ! Le secrétaire d'État à l'Outre-mer, Yves Jégo, a d'ailleurs décidé de lancer une mission d'inspection sur la politique tarifaire des produits pétroliers pratiquée... Enfin, dernier poste illustrant l'ampleur du préjudice pour les habitants de ces régions, l'eau. En 2004, le prix du mètre cube y était de 3,70 euros contre 2,90 euros en moyenne en métropole. Un « surprix » qui ne peut s'expliquer par un fort investissement dans les canalisations puisque le taux de fuite sur le réseau de distribution est de 46 % en Outre-mer, deux fois plus que la moyenne nationale. Déjà criants en métropole, les problèmes de pouvoir d'achat sont décuplés en Outre-mer.
quechoisir.org
Publié le 25/03/2009 à 12:00 par moindjie
Voici l'article paru hier matin, sous ma signature, dans le supplément Jeunes diplômés de Libération (non disponible sur internet).
"Il s’appelait Némo, mais n’était plus capitaine. En 1961, cet officier général spécialiste de la contre-guérilla se retrouve en poste aux Antilles françaises. La situation sociale y est déjà mauvaise : deux ans plus tôt, la troupe a ouvert le feu sur des grévistes à Fort-de-France. Le ministre des Armées Pierre Messmer le charge alors d’inventer un système pour aider les jeunes de ces départements tout en contribuant au développement local. Jean Némo crée le service militaire adapté (SMA). Plutôt que d’être appelé sous les drapeaux dans un régiment d’infanterie en métropole, les conscrits resteront sur place pour apprendre un métier.
Près d’un demi-siècle plus tard, le SMA existe toujours. Il a survécu, mais sur une base uniquement volontaire, lorsque la conscription a été supprimée en 1996. Le système marche bien, tellement bien que le président de la République Nicolas Sarkozy souhaite doubler le nombre de places offertes, comme il l’a annoncé dans son intervention télévisée, à l’occasion de la crise en Guadeloupe.
Lointain successeur du général Némo, le général Rémy Frétille est aujourd’hui le patron du SMA.
Avec son équipe de vingt-cinq personnes, il est installé à Paris dans les locaux du secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. «Le SMA, c’est une formation professionnelle, dans un environnement militaire, pour les jeunes d’Outre-mer en difficulté», dit-il. De l’action sociale en kaki. En 2008, 2900 volontaires en ont bénéficié ; il y avait trois fois plus de candidats.
Ceux-ci doivent être âgés de 18 à 26 ans. Ils sont sans diplôme, en situation d’échec scolaire et risque la désocialisation. «Nous recrutons le plus “bas” possible», explique le général Frétille, qui se fait une haute idée du «rôle social de l’officier». Ainsi, en 2008, 41% des volontaires pouvaient être considérés comme illettrés - «Nous ne voulons pas en avoir moins de 30% parmi nos volontaires», assure le général. Pas question pour lui de jouer la facilité en recrutant les candidats les plus faciles. «On ne les prend pas trop jeunes, mais plutôt après deux ou trois ans de chômage et avant qu’ils ne touchent le RMI [à 25 ans]. Il faut qu’ils aient mûri et qu’ils aient pris conscience de la nécessité de s’en sortir».
Comme l’armée, le SMA est ouvert aux filles qui représentent aujourd’hui 22 % des effectifs. Tous les «pays» d’Outre-mer sont concernés: Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie et la Polynésie. Les implantations sont en pleine évolution, en particulier dans le Pacifique, avec une ouverture prochaine à Wallis et Futuna et des fermetures à Hao et Tubuai.
Ce service militaire adapté dure douze mois. C’est vraiment l’armée : les jeunes portent l’uniforme, vivent en caserne, sont «nourris-logés» et touchent une solde de 300 euros par mois. En échange, mieux vaut obéir… Lorsqu’il est recruté, le jeune suit la Formation générale initiale (FGI), c’est-à-dire les «classes», durant lesquelles il apprend à tirer, à marcher au pas et à chanter en chœur. En cas de crise locale ou de catastrophe naturelle, il est d’abord un militaire.
Sauf qu’il apprend un métier. L’offre est différente selon les territoires, mais au total trente-sept métiers sont proposés. La formation est assurée militaires professionnels et des enseignants de l’éducation nationale. Le secteur du Bâtiment est le plus porteur avec près d’un tiers des jeunes (32%). Suivent les métiers de l’agriculture et de la mer (17%), la restauration (11%), les travaux publics (9%), la sécurité, les transports routiers, l’aide à la personne, le tourisme et la mécanique automobile. Certains domaines sont en pleine croissance, comme la sécurité ou l’aide à la personne. D’autres sont plus novateurs, comme l’aquaculture à Mayotte. La formation comprend des stages en entreprise ou des «chantiers d’application». Ainsi, les jeunes du SMA ont beaucoup contribué à la création du réseau routier dans l’est de la Guyane. Aujourd’hui, ils vont par exemple remettre en état une école dans le cirque très isolé de Mafate à La Réunion.
Les jeunes reçoivent une formation de base qui va ensuite leur permettre de préparer un diplôme (CAP) ou de trouver du travail. Ils passent le permis de conduire et le brevet de secourisme. A la sortie, les résultats sont bons : les patrons d’outre-mer connaissent bien le SMA, dont ils sont parfois sortis. En 2008, le taux d’insertion était de 79,6%. Quatre jeunes sur cinq ont ainsi trouvé un emploi ou une formation professionnelle. Le succès varie d’un territoire à l’autre, mais c’est en Guadeloupe – où la situation sociale n’est pas la plus facile - que le taux est le plus élevé : 94%! Des chiffres à faire rêver les formateurs en métropole. En civil ou en kaki.
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/03/outre-mer-la-be.html
Publié le 25/03/2009 à 12:00 par moindjie
Le CRAN avait proposé un Grenelle de l'Outre-mer, afin que les questions de fond qui touchent l’Outre-mer puissent enfin être abordées. Le président de la République a repris cette idée et a convoqué des Etats généraux de l’Outre-mer. Nicolas Sarkozy devrait se rendre à la Guadeloupe fin d'avril.
S’il faut se féliciter que nous ayons été entendus, il est regrettable que la préparation de ces Etats généraux se concentre uniquement sur les questions sociales alors qu’Elie Domota le porte-parole du LKP a déclaré dans le Monde « Rien n'a changé en termes de rapport de classes et de races. »
D'autres questions, tout aussi urgentes, sont ignorées : la question de la réforme agraire, la question identitaire.
Toutes ces questions ont un point commun : elles sont toutes liées à la fracture entre les "békés" et le reste de la population guadeloupéenne.
Il est dangereux que le Gouvernement continue à ignorer cette fracture, alors qu'elle revient sans cesse dans le débat public, et qu'elle constitue un axe de tension et de préoccupation majeure en Guadeloupe.
Devant une telle méconnaissance des réalités du terrain, un échec des Etats Généraux de l'Outre-mer est prévisible.
On comprend que le LKP refuse pour l’instant de s'associer à ces Etats généraux.
http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/24/tout-droit-vers-un-echec-des-etats-generaux-de-l-outre-mer.html
Publié le 24/03/2009 à 12:00 par moindjie
Nicolas Sarkozy devrait se rendre en avril en Guadeloupe, comme déjà annoncé, mais aussi en Martinique, a indiqué mercredi le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo.
M. Sarkozy avait annoncé le 19 février, en pleine crise sociale dans les Antilles françaises, qu’il se rendrait en Guadeloupe pour y ouvrir des "états-généraux" de l’outre-mer dont il annonçait la convocation pour de débattre des "grands enjeux" de ces territoires.
M. Jégo a précisé mercredi en marge d’une conférence de presse que le chef de l’Etat se rendrait également en Martinique à l’occasion de ce déplacement.
L’Elysée avait indiqué en février que ce voyage devrait se faire en avril, une source parlementaire de l’outre-mer a indiqué mercredi que ce devrait être vers "le 20, 25 avril".
La présidence a par ailleurs indiqué que M. Sarkozy avait reçu mercredi à déjeuner huit personnalités (écrivain, cinéaste, journaliste, sportif et comédien) originaires de la Guadeloupe et de la Martinique".
Selon un communiqué ils ont "échangé sur les événements qui ont marqué récemment ces deux départements français d’Outre-mer", évoquant "essentiellement les causes de la crise et sur les pistes de réflexions à mener dans le cadre des prochains états généraux de l’outre-mer".
(AFP)
Nicolas Sarkozy pourait se rendre également à Mayotte au cours du mois de mai.
Publié le 24/03/2009 à 12:00 par moindjie
Le leader du LKP Élie Domota menace de ne pas assister aux états généraux de l'outre-mer
La grève est terminée en Guadeloupe, mais le combat d'Élie Domota continue. Le porte-parole du Collectif contre l'exploitation, LKP, laisse planer le doute sur sa participation aux états généraux de l'outre-mer, en avril, jugeant que les thèmes choisis "ne correspondent en rien aux revendications posées" par le conflit qui a paralysé l'île pendant 44 jours. "Nous ne savons pas à quoi servent les états généraux", déplore-t-il dans un entretien au Monde daté de mardi. "S'il s'agit, une fois de plus, de prendre les mêmes avec costume et cravate et de les mettre dans un bureau pour décider en quelques semaines de notre avenir à 20 ou 25 ans, ce n'est pas la peine. Qu'on nous fournisse une explication claire et on donnera une réponse !", lâche laconiquement Élie Domota.
D'après le leader du LKP, "la question, ce n'est pas la formation des prix, mais le monopole et l'abus de position qu'exercent un certain nombre de familles depuis des décennies". "Les Guadeloupéens posent le problème de la ségrégation sociale et le gouvernement leur répond : évolution statutaire . Au problème de la domination d'une communauté sur toute la population, il répond : atelier sur la formation des prix . Face au racisme à l'embauche, il propose une réunion sur le dialogue social. Quand on veut noyer un problème, on crée une commission. On est dans une tradition bien française. On ne répond pas aux questions", regrette Élie Domota.
Les états généraux de l'outre-mer, dont la tenue dans chaque territoire ultramarin a été annoncée par Nicolas Sarkozy, en pleine crise sociale, aux Antilles, en février, doivent être lancés début avril. Le chef de l'État devrait se rendre aux Antilles à la fin du mois de mars.
lepoint.fr
Publié le 24/03/2009 à 12:00 par moindjie
Par Antoine Mokrane
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La loi votée en 1999 ne s'applique toujours pas dans les Collectivités d'Outre-mer. Depuis des années, les associations se battent pour mettre un terme à cette iniquité.
La signature du Pacte civil de solidarité est une formalité administrative… tout au moins en France métropolitaine, où l'on s'apprête à célébrer les dix ans de ce type d'unions. Mais encore aujourd'hui, les Français des Collectivités d'Outre-mer (anciens TOM) n'ont toujours pas accès au pacs.
Lors de discussions parlementaires en 1999, certains élus avaient déjà mis en lumière cette aberration de la loi, concernant son application en dehors du territoire métropolitain. Élisabeth Guigou, alors Garde des sceaux, avait répondu que les TOM disposaient de compétences propres en matière fiscale et sociale.
Voilà donc le problème, déjà identifié en 1999. Cela n'a cependant pas empéché la promulgation de la loi sous cette forme bancale. Mais, depuis, de nombreuses voix s'élèvent en Polynésie française, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, et dans les autres Collectivités d'Outre-mer, pour demander l'application du pacs.
Situation ubuesque
Ainsi, un couple de Mayotte désireux de se pacser est aujourd'hui dans l'obligation de se rendre en métropole ou dans un consulat à l'étranger pour signer le précieux document. En revanche, le pacs est reconnu à Mayotte pour les personnes l'ayant signé hors de cette zone. Situation ubuesque, donc, que des associations telles qu'Homo-Sphère en Nouvelle-Calédonie dénoncent. «Nous écrivons souvent à ceux qui nous gouvernent pour faire avancer la cause du pacs et attendons leur réponse», déclarent Dan et Terii, les coprésidents de l'association qui ont porté l'affaire devant la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Ils ont également envoyé le mois dernier une lettre au Premier ministre et à Yves Jégo, secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer, dans lesquelles ils rappellaient la situation, lettres qui sont restées sans réponse.
En Polynésie française, Vahiné Orana et l'Association des Juristes de Polynésie Française mènent le combat en organisant des débats et des actions, rappellant sans cesse la situation discriminatoire au sein même de la République.
Nicolas Sarkozy très attendu
Au côté des institutions, c'est le silence. Il y a quelques semaines, l'espoir est venu du Médiateur de la République Jean-Paul Delevoye, qui a fait le point et a reconnu certaines des situations inéquitables du pacs, mais sans faire nulle part mention de la situation des Collectivités d'Outre-mer.
L'État s'était pourtant engagé en décembre 2007 à prendre ordonnance en vue d'étendre le pacs en Nouvelle-Calédonie, probable première étape avant une uniformisation de la loi. François Fillon, qui était attendu dans les territoires d'Océanie le 13 mars dernier, a annulé son déplacement suite aux événements en Martinique et en Guadeloupe. Annulation qui fut suivie par l'annonce d'un déplacement du président de la République en juillet.
Les associations espèrent beaucoup de cette visite de Nicolas Sarkozy afin de pouvoir enfin changer la donne et permettre aux 700.000 personnes constituant la population des territoires concernées d'obtenir enfin les mêmes droits qu'en métropole, en matière de pacs. Une révendication qui paraît éminemment légitime.
Photo : Fotolia.
Publié le 18/03/2009 à 12:00 par moindjie
La Martinique est officiellement sortie samedi d’un mouvement social historique avec la signature unanime d’un protocole d’accord global, mais elle doit maintenant s’atteler à sa reconstruction.
Au 38e jour de mobilisation menée par le "Collectif du 5 février", ce document signifie la levée du mot d’ordre d’une grève qui a paralysé l’économie et fragilisé nombre d’entreprises.
Le Collectif "se réserve le droit de repartir en grève si les accords signés ne sont pas respectés ou que les négociations entamées traînent en longueur", a précisé à l’AFP Michel Monrose, son président.
Le protocole de sortie de crise acte en effet la vingtaine d’accords déjà aboutis (salaires, prix, banques, assurances, etc.) mais liste aussi les sujets encore en négociation (agriculture, environnement, minimas sociaux, matériaux de construction, etc.).
Outre les différentes composantes du Collectif, les organisations patronales et socio-professionnelles, les collectivités territoriales (région, département, communes), les parlementaires et les représentants de l’Etat ont signé ce document inédit.
Dans la rue et sous les fenêtres de la préfecture où se déroulait cette réunion plénière empreinte de solennité, des milliers de manifestants arborant le T-shirt rouge du Collectif chantaient "Matinik lévé" (Martinique debout, en créole) entraînés par les tambours.
Entre 7.000 personnes (police) et 15.000 (organisateurs) ont fait le tour de la ville pour accompagner, comme cela en était devenu l’habitude, les membres du Collectif.
Juste avant que les parapheurs circulent, l’allocution de M. Morose a été chaudement applaudie par les dizaines de membres du Collectif présents dans la salle qui ont repris en choeur "Matinik lévé", tandis que les représentants du patronat qui leur faisait face se levaient à leur tour, la mine grave, à l’exception du président du Medef local, Patrick Lecurieux-Durival.
Ce dernier a expliqué à l’AFP qu’il "ne pouvait s’associer à un mouvement qui a détruit une bonne partie des capacités économiques" de l’île.
Pas moins de 800 dossiers de demande de chômage partiel ont été déposés et le Medef a pronostiqué au moins 10.000 suppressions d’emplois pour 2009, sous les effets conjugués de la crise mondiale et du mouvement.
Pour Alexandre Richol, président de la CGPME, "c’est l’aboutissement d’un mois de discussions et le début de beaucoup de chantiers".
"On ne peut plus voir l’entreprise comme une entité qui doit exclusivement dégager des profits mais aussi prendre en compte sa dimension sociale", a analysé M. Richol.
Le préfet Ange Mancini a souligné un "mouvement d’une ampleur sociétale sans précédent qui fait que rien ne sera plus comme avant".
"La Martinique s’est parlée autrement pour mieux préparer son avenir économique, social et cutlturel, dans le respect de toutes ses composantes et de sa diversité qui en font sa richesse", a insisté M. Mancini.
Il a salué "le sens des responsabilités qui a toujours prévalu ce qui a évité un drame et permis de gérer au mieux les conséquences du conflit pour la population".
Les cinq semaines ont été émaillé de deux poussées de violence (24-25 février et 6 mars) qui n’ont fait que des blessés légers. Et si la Martinique a été placée en "situation de crise majeure en matière sanitaire et sociale", la réponse d’urgence et les compromis trouvés avec le Collectif ont permis d’éviter toute catastrophe.
Le Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer, Yves Jégo, s’est réjoui "de la perspective d’un retour à une activité normale dans les Antilles", après la signature du protocole.
(AFP)
Publié le 18/03/2009 à 12:00 par moindjie
Le Sénat a adopté jeudi soir le projet de loi pour le développement économique de l’outre-mer qui prévoit des incitations fiscales pour les entreprises ultra-marines et en faveur du logement social.
L’UMP et l’Union Centriste ont voté pour. Le PS s’est abstenu. Seuls les communistes ont voté contre. Le RDSE (à majorité PRG) s’est partagé entre vote positif et abstention.
Les sénateurs ont rebaptisé le texte "projet de loi pour le développement économique des outre-mers" en votant un ultime amendement en ce sens du PS destiné à faire "reconnaître la diversité et la spécificité de chaque territoire d’outre-mer".
La plupart des élus, dans un climat consensuel, ont évoqué "la gravité" de la crise sociale qui a secoué les Antilles et exprimé leurs espoirs que les prochains Etats généraux annoncés par le président Sarkozy permettront les "changements structurels" attendus.
Malgré la crise, "le gouvernement n’a rien cédé au fond, prétextant des abus du système de défiscalisation il a décidé de réduire le coût des politiques publiques en direction de l’outremer", a déploré Odette Terrade (PCF)
"L’origine de ce texte était de faire des économies, il ne répond que très partiellement aux attentes" et "tout le monde sait qu’il va être remis en question par les Etats généraux" a déclaré Georges Patient (Guyane) au nom du PS qui a toutefois prôné l’abstention "en gage de bonne volonté".
Anne-marie Payet (Union Centriste, La Réunion) s’est félicité de "la possibilité donnée au gouvernement de règlementer les prix" inscrite dans le texte et "des avancées en matière de logement social".
Jean-Paul Virapoullé (UMP, La Réunion) s’est félicité de la "fraternité" qui a marqué ce débat estimant que la crise sociale "aura réveillé les consciences" et que le texte augure "un changement de cap". Pour Lucette Michaux-Chevry (UMP, Guadeloupe) "ce grand désordre n’aura pas été inutile".
L’ancien président polynésien Gaston Flosse (NI) qui s’est abstenu a déploré un projet qui représente "une régression".
Daniel Marsin (Guadeloupe, RDSE) s’est félicité des "avancées" introduites sur le texte comme de la reconnaissance des îles du sud de la Martinique comme territoire prioritaire.
"Le sénat s’est rassemblé autour de ce texte et nous avons rompu des tabous en changeant notre approche" a jugé le président de la Commission des Finances, Jean Arthuis (UC).
"Il s’est passé quelque chose, les évènements qui ont tellement secoués l’actualité sont venus apporter des exigences nouvelles mais aussi un espoir fort", a conclu le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo.
Sur 444 amendements déposés sur ce texte, 44 ont été adoptés dont 27 du gouvernement, 19 des commissions permanentes du sénat, 19 de l’UMP, 11 du PS, 6 de l’UC, 6 du RDSE et 1 des non inscrits, a indiqué le président de séance, Guy Fischer (Rhône, PCF).
(AFP)