COMMUNIQUE DU GRITAC
(Groupe de Réflexion pour l'Intégrité Territoriale de l'Archipel des Comores)
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LES COMORES D'IKILILOU : INDIGNITE, HUMILIATION ET DESHONNEUR
Il ne suffit pas de chanter à la TV
« Beramu yatru yo ndzima, Komori yatru masiwa mane » (Pour nous, il n'existe qu'un seul drapeau, pour des Comores formées de quatre îles), ou à l'instar des autorités comoriennes actuelles, de gesticuler inconsidérément, en débitant partout, des propos dont la vacuité n'a d'égal que le déficit de volonté politique, pour se croire dédouanées des crises majeures qui assaillent notre pays. Au nombre de celles-ci, la violation de la souveraineté de notre pays, par une puissance à laquelle ces mêmes autorités comoriennes, n'ont de cesse que de faire allégeance, non sans leur tresser des lauriers.
Vis à vis de la
France, il est de notoriété publique, que le pouvoir Ikililou s'échine à présenter un profil bas, digne du vassal face à son suzerain. C'est là un comportement, qui viole éhontément, le serment prêté par le chef de l'Etat sur le saint coran, s'agissant du strict respect de l'esprit et de la lettre de la Constitution, en feignant d'ignorer au passage, que la résolution de l'ONU N° 31/4 du 21/10/1975,
« condamne énergiquement la présence française à Mayotte, qui constitue une violation de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la république indépendante des Comores ». Le tout, en adéquation avec la Constitution comorienne, qui fait du président comorien, dans son article 12 :
1. « Le symbole de l'unité nationale »et non le bradeur en chef, de la souveraineté et de l'intégrité des COMORES, qui de connivence en révérence, attise à dessein, le séparatisme maorais. Et ce, en foulant aux pieds les fonctions régaliennes de l'Etat. Sa persistance à s'interdire, toutes démarches consistant à demander des comptes à la
France, pour les préjudices multiformes, occasionné par l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte, montre bien, selon les termes de Baudelaire,
« la perversité naturelle qui fait que l'homme est sans cesse et à la fois homicide et suicide, assassin et bourgeois ».
2.« Le garant de l'intégrité des frontières, telles qu'internationalement reconnues, ainsi que la souveraineté de l'union » et non l'observateur atone, pleutre et crédule, qu'il nous a été donné de voir, lors des différentes rencontres avec les autorités françaises et encore moins, l'acteur d'une politique bienveillante à leur endroit, au dépens des intérêts supérieurs de la nation comorienne.
« Ils étaient d'aussi intrépides thuriféraires que quiconque, leur manière de louer a même quelque chose d'effrontément naïf ». écrit Théophile Gautier.
Il est pourtant du devoir de
« l'arbitre et [...] modérateur du fonctionnement régulier des institutions », consacré par la Constitution, d'user des arguments, on ne peut plus persuasifs, à sa disposition
(le soutien des instances et de la communauté internationales, judicieusement mobilisées par le précédent chef de la diplomatie comorienne, Fahami Said Ibrahim ; les résolutions des instances internationales qui toutes, condamnent l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte ; les nombreuses failles de la puissance occupante, dont celle de ne savoir quoi faire des prétendus « clandestins » comoriens,, pour peu qu'on veuille bien se référer à notre Constitution, en refusant notamment le déplacement de nos compatriotes à l'intérieur d'un même territoire, qualifié de « crime contre l'humanité » par l'article 7 du Statut de Rome de la CPI [Cour Pénal International], etc.), pour faire respecter la souveraineté, l'intégrité et l'unité des Comores. Toutes, constitutives de la stabilité indispensable à tout développement. Il est à tout le moins regrettable, que pendant que la
France remue ciel et terre, ces derniers temps, pour réussir sans coup férir, la rupéisation de l'île comorienne de Mayotte, les autorités comoriennes ne trouvent rien de mieux à faire, que de se livrer à une campagne assidue de diversion, en recourant à des trésors d'imaginations, afin de détourner l'attention de leurs mandants
(telle la curieuse concordance des agendas des deux pays, qui font coïncider les dates de la rupéisation, avec le déroulement aux Comores, des jeux des jeunes de l'Océan indien, avec, suprême humiliation pour les Comores, la participation incongrue de Mayotte etc.).
(Eclairage wongo : En 2016 les jeux des jeunes seraient organisés à Mayotte)
Mis à part quelques timides déclarations sibyllines, jamais suivies de faits, à l'instar de celles du président Ikililou à la mi-juillet, au sommet de l'Union Africaine, rien n'est venu perturber la marche inéluctable et sans anicroche, des autorités françaises vers la rupéisation de l'île comorienne de Mayotte. C'est la suite logique d'une collusion avérée, entre les autorités françaises et comoriennes, mais non moins contre nature. Collusion matinée d'intrigues et de compromissions inavouables, mais qui, de toute façon, est attentatoire à la souveraineté et à l'intégrité des Comores, frappée :
- d'un black out criminel et intolérable, sur l'entrave à la circulation faite aux personnes et aux biens, dans le sens îles libérées vers Mayotte, à un moment où le bras de mer qui les sépare, tient lieu de sépulture pour le millier de sans-voix «indésirables ». A l'instar des malheureux, morts pour avoir voulu contourner et passer outre, le tristement célèbre « Visa Balladur ».
- d'un black out lâche et veule, des autorités comoriennes, sur toutes formes de prétentions ou revendications suivies, en rapport avec l'appartenance de l'île comorienne de Mayotte à l'ensemble comorien. Jamais pouvoir politique, s'agissant des Comores, n'est allé aussi loin dans la flagornerie, pour s'attirer à moindre frais, les faveurs et la bienveillance des autorités françaises. Et ce, au prix de l'indépendance, de la souveraineté, de l'intégrité et de la défense de la nation, sacrifiées sur l'autel d'une hypothétique coopération..
- d'un black out sur les marchandages, micmacs et autres intrigues nouées autour des douteux conciliabules franco-comoriens
(Instrumentalisation par les autorités françaises des jeux des îles de l'Océan Indien pour que Mayotte « française » ait droit de cité partout ; rupéisation de Mayotte contre coopération ; chantages, pressions diverses et prise en otage d'un pays intentionnellement maintenu sous perfusion économique...). Rarement ancienne colonies française, aura été sujette à d'autant d'acharnement, de harcèlement et de pressions de toutes sortes, de la part de son ancienne puissance administrante. Non contentes d'occuper illégalement, une partie du territoire comorien
(Mayotte), les autorités françaises n'ont eu de cesse, depuis la proclamation unilatérale de l'indépendance des Comores
(le 6 juillet 1975), que de torpiller toute tentative de rapprochement entre les îles de l'archipel. N'en déplaise aux promoteurs zélés des jeux de la CJSOI
(Commission de la Jeunesse et des Sports de l'Océan Indien). Il est vrai par ailleurs, que les autorités françaises sont confortées dans leur politique du fait accompli par la crédulité chronique, des hommes liges de la politique française, au sommet de l'Etat comorien. Des hommes qui ont plus brillé par leur assujettissement à la politique française aux Comores, que par leur patriotisme. Rien donc d'étonnant, s'ils en sont réduit aujourd'hui, à ne considérer leur pays, qu'amputé de sa quatrième île
(Mayotte). Préoccupés qu'ils sont, à déployer des trésors d'imaginations, pour s'attirer plutôt, l'estime et les faveurs dela
France, puissance "tutrice" aussi bien de ce qui reste de l'Etat comorien, que de l'île comorienne de Mayotte, qu'elle occupe illégalement, en violation des résolutions des instances internationales..
Sans cesse ridiculisées et humiliées, les autorités comoriennes en viennent aujourd'hui à remettre définitivement le sort et le destin de leur pays entre les mains de la force occupante de l'île comorienne de Mayotte, jusqu'à :
- tolérer les provocations condescendantes et humiliantes venant de l'ancienne puissance coloniale, dont la dernière, concerne l'envoi à Moroni, par le Commandement des Forces Françaises stationnées dans la zone sud de l'Océan Indien (FAZSOI), d'un « transall » de l'armée française, en provenance de l'île occupée, avec à son bord du matériel usagé, offert en offrande, à la société des eaux et électricité de la partie indépendante des Comores. Et ce, comble de la provocation, le 6 juillet 2012, jour dela Fête nationale, commémorant la proclamation unilatérale de l'indépendance.
- non seulement admettre la participation pleine et entière de Mayotte, en tant qu'entité distincte et à part des Comores, aux jeux de la CJSOI, mais aussi, jusqu'à accepter en tant que pays hôte, d'organiser et d'accueillir ces jeux, en ne recevant que Maurice, Madagascar, la Réunion, les Seychelles, les Comores et curieusement Mayotte. Alors qu'en admettant la participation de la Grande-Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte à la place de Comores, l'hypothèque politique aurait été levé, en laissant la place à des jeux des jeunes de toutes les îles de l'Océan indien, comme le suggère l'intitulé et l'esprit. A moins que ce choix ne fût délibéré, en vue d'instrumentaliser ces jeux, pour le compte de la rupéisation de Mayotte, avec l'incontournable complicité agissante et indéfectible, du gouvernement Ikililou. « Vous avez préféré le déshonneur à la guerre. Vous aurez le déshonneur et la guerre ». Winston Churchill à l'adresse des collaborateurs pétainistes français, lors dela Seconde guerre mondiale
- se rendre au sommet de l'Union Africaine en pleine rupéisation de Mayotte, à seule fin de calmer la curiosité de ses pairs, en banalisant la forfaiture. Pendant qu'au même moment, le reste du gouvernement d'astreinte aux Comores et tout ce que les Comores comptent de thuriféraires, se bousculent au portillon de l'Ambassade de
France, pour fayoter, le 14 juillet, à l'occasion de la sacro-sainte fête nationale française, très courue à Moroni (cf le discours de Hamada en cliquant
en cliquant ici)
(Eclairage wongo : Pendant ce temps-là plusieurs familles comoriennes pleuraient leurs morts tombés au large de Mayotte en voulant contourner le mur de la honte érigé par la puissance coloniale)
- être persuadée (à tort), en organisant ces jeux, d'œuvrer pour la solidarité, l'entente et le vivre ensemble entre jeunes des îles de l'Océan indien, y compris ceux de Mayotte « la française ». Entreprise qui s'est vite révélée vaine, en dépit du concert d'autosatisfactions des flagorneurs de tous poils, adeptes de la bonne vieille méthode du professeur Coué. Surtout, si on en juge, par le climat tendu et revanchard, qui a plané sur les rencontres pour le moins incongrues, entre les Comores et Mayotte. Rencontres émaillées parfois de sifflets, quolibets et autres railleries à l'adresse de nos compatriotes maorais, notamment à Anjouan, lors du match de basket. Sans oublier en la circonstance, le déploiement de banderoles, relatant l'appartenance de Mayotte à l'ensemble comorien, au grand dam des autorités comoriennes.
Les mots ont un sens et les actes encore plus. Entre les discours creux et soporifiques, sans aucune consistance des autorités comoriennes actuelles et les actes concrets posés par l'administration française, dont la départementalisation suivie de la récente rupéisation de l'île comorienne de Mayotte, l'incompétence patente dans cette affaire, voire même, la complicité agissante du pouvoir Ikililou, sautent aux yeux.
Non ! Nous n'avons pas le droit d'aller dans les écoles, faire de la désinformation, en parlant de « fête de l'indépendance », mais de « commémoration de l'indépendance ». La fête est pour plus tard. Lorsque notre souveraineté sera totale, avec Mayotte au bercail. A ce propos, arrêtons de toujours mettre tout, sur le dos de la Franceet commençons par balayer devant notre porte... De la même façon arrêtons de justifier en permanence, la faillite du pouvoir Ikililou par l'incivilité ou un quelconque manque de coopération de la population.
(Eclairage wongo: Dans une interview accordée au journal gouvernemental Al-watwan N° 1641 du mardi 19 octobre 2010, Dr Ikililou Dhoinine en pleine campagne électorale, déclare concernant la question de Mayotte : « Ce n'est pas être anti-français, comme certains veulent le faire croire, qued'œuvrer pour le retour légitime de notre île. Si mes compatriotes m'accordent leur confiance, je prendrais dans les semaines qui vont suivre mon investiture des initiatives concrètes à ce sujet. Enfin je souscris entièrement au discours que le président (ex-président Sambi : Ndlr) de la République vient de prononcer à New York lors de la dernière session de l'assemblée générale des Nations Unies. » )
Et le
« demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays », du président Kennedy, devenu un lieu commun pour nos moralistes de service, n'a aucun sens ici. Et ce, pour la bonne raison que nous en sommes encore aux Comores, à nous complaire dans la récurrente politique d'assistanat et de mendicité, bien loin de la quête vaine, de la fameuse « bonne gouvernance ». Et c'est bien au pouvoir en place
(exécutif, législatif, judiciaire...), en pleine possession des moyens à sa disposition et de surcroît, grassement payé par les contribuables
(et non le contraire), de veiller à notre bien être, à notre sécurité et surtout de chercher et trouver des solutions à nos problèmes. Parlons plutôt de ce qui relève de la compétence de ce pouvoir aphone : la corruption généralisée, les abus de pouvoirs à tous les échelons de l'administration, les conflits d'intérêts, les détournements des deniers publics, le déficit de volonté politique dans beaucoup de secteurs et par-dessus tout, la haute trahison du pouvoir dans le contentieux franco-comorien sur Mayotte. La vitalité et la viabilité d'un pays ou d'un état se mesurent à l'aune de son indépendance, de son intégrité et de sa souveraineté qui, en aucun cas, ne peuvent être ni cessibles, ni négociables. Aux Comores, nous en sommes encore loin. Et il en sera toujours ainsi, aussi longtemps que les autorités comoriennes continueront à faire allégeance aux caciques de la « Françafrique ». De la même façon, rien ne changera, tant que les autorités comoriennes, refuseront de se conformer à l'esprit et à la lettre de la Constitution comorienne, qui stipule dans son article 7, du titre II :
« Aucune autorité ne pourra adopter des mesures, qui directement ou indirectement, entraveraient la liberté de circulation et d'établissement des personnes, ainsi que la liberté de circulation des biens sur tout le territoire de l'Union ». L'Union des Comores étant, selon l'article 1, du titre I,
« une République composée des îles autonomes de Mwali (Mohéli), Maore (Mayotte), Ndzuwani (Anjouan), Ngazidja (Grande Comore) ».
Dans ce climat pessimiste, délétère et malsain où règne en maître le jésuitisme, transparaît pourtant une lueur d'espoir, s'agissant du contentieux franco-comorien sur Mayotte. Et ce, sous forme de mise en cause du « Visa Balladur », pour la première fois par la partie française, depuis son instauration, en 1995
(cf. Travaux de la Commission sénatoriale à Mayotte ). En effet, en publiant le 18 juillet dernier, un rapport, faisant état de l'échec de la lutte contre l'immigration à Mayotte, trois membres d'une Commission sénatoriale française, prennent tout le monde de court. A commencer par leurs alliés objectifs, les autorités comoriennes dont la léthargie légendaire, voire même, la bienveillance agissante à l'égard de l'administration française à Mayotte, n'est plus à démontrer. Sans trop crier victoire et en attendant de juger sur pièce, le GRITAC , espère un allègement de la crispation sécuritaire, subie à Mayotte, par les Comoriens des autres îles. Mais par-dessus tout, le GRITAC reste persuadé que ce rapport consacre aussi et surtout, l'échec du huis clos franco-comorien sur l'affaire de Mayotte. Le GRITAC reste persuadé qu'après plus de trois décennies de huis clos stériles, les Comores seraient bien inspirées d'en sortir et de soumettre le contentieux franco-comorien, à l'arbitrage international
(ONU, Union Africaine, Ligue arabe etc.). En attendant, hommage doit être rendu aux associations de la société civile toujours sur la brèche, aussi bien aux Comores indépendantes
(Comité Maore, Washko...), qu'à Mayotte occupée
(Les Indignés de Mayotte, la CIMADE, le GRDC, MOM etc.). Sans oublier celles de France
(SURVIE, Les Indigènes de la République, Sortir du colonialisme,SOS Démocratie, CAAC, GAC, ACDH, CCMM, CMUC, AFAC, WATWANIYA, CDUITC etc.). Un hommage non mois méritoire, revient au Parti communiste français pour son soutien agissant et indéfectible à la lutte contre l'occupation illégale parla
France, de l'île comorienne de Mayotte. Nous citerons également « les sages » de la Classe politique des Comores, composés de personnalités politiques éminents comme M.M Said Hassane Said Hachim, Ali Mroudjaé, Abdallah Halifa, Abdourazak Abdoulhamid, Mouhtar Ahmed Charif et Ali Mlahaili, dont les efforts incessants, déployés ces derniers temps pour rallumer et entretenir la flemme patriotique, éteinte depuis les actes méritoires posés par les députés de la précédente législature, leur confèrent le titre de « gardiens on ne peut plus légitimes, des institutions comoriennes ».
Ce 24 / 07 / 2012Pour le GRITACSaid Hassane Jaffar
source (sans la photo) : sosdemocratie
pourquoi le drapeau de la GAYPRIDE derrière le président ?Ecrire un commentaire