L'ingénieur de 46 ans, qui vient d'être élu à Anjouan, entend mettre à profit, dans ces nouvelles fonctions, ''une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''
Au cours de la campagne électorale, le nouveau président de l'île d'Anjouan se présentait aux journalistes venus à sa rencontre comme un homme de terrain et d'expérience. L'ingénieur de génie civil, né en novembre 1962 à Ongoju et formé en Algérie, avait connu, successivement, les arcanes du pouvoir et les dures réalités de l'arrière pays.
Il a été, un temps, directeur de cabinet d'un ministère puis ministre de l'équipement sous le régime du regretté Said Mohamed Djohar. Mais, il a passé l'essentiel de sa carrière sur le terrain à Anjouan notamment en tant que directeur des travaux publics et puis ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire (Fadc) au niveau de l'île.
S'il avait été écrit quelque part que Toybou serait président d'Anjouan, il n'en demeure pas moins qu'il le doit largement au coup de pouce du président de l'Union, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi avec le soutien du Mouvement citoyen pour la justice et le progrès (parti du président). Le chef de l'Etat avait, en effet, exhorté ses amis à aider l'enfant du Nyumakele, qui était resté, jusque-là, assez peu connu sur la scène politique. Au cours des meetings comme celui de Pomoni, les orateurs se sont souvent référés au président Sambi, considéré comme un gage de succès.
C'est pourquoi, certains ont pu dire que cette victoire était indissociable du président de l'Union qui avait mis sa crédibilité dans la balance.
Interrogé sur les raisons de ce choix du chef de l'Etat en marge d'un meeting lors de la campagne du premier tour, le président élu a répondu : ''Le président Sambi m'a dit qu'il votera pour moi. Les autres candidats voulaient également que le président Sambi les soutienne. Mais comme le programme du président est axé sur la reconstruction de l'île et que je suis un ingénieur de construction qui a fait ses preuves dans ce pays, il a estimé que je suis l'homme le plus capable de mettre en oeuvre son programme''.
Au cours de ses meetings, M Toybou semblait sûr de son approche du développement d'Anjouan : ''Je connais les mécanismes qui peuvent sortir Anjouan du sous développement puisque j'ai une expérience acquise dans différentes régions de l'île'', disait-il.
Quant à ce qui le distingue de son rival, Mohamed Djaanfari, le nouveau président d'Anjouan a donné cette explication au cours d'une interview : ''La différence entre moi et Mohamed Djaanfari est que je sais ce qui peut sortir les Anjouanais du sous développement. J'ai vécu ici, j'y ai acquis une expérience'' en mettant en avant ses acquis d'ancien directeur des travaux publics et d'ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire. Il affirme avoir ''l'avantage d'une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''.
Au chapitre de ses priorités, la réconciliation parmi les Anjouanais. Au cours de la campagne, Toybou a promis de travailler, une fois élu, à ''la réconciliation entre Anjouanais en vue de préserver la paix civile car sans la réconciliation et la paix civile, l'île d'Anjouan ne peut pas décoller''.
Pour lui, l'unité nationale des Comores doit être défendue et préservée mais, en même temps, ''Anjouan a besoin d'avoir ses droits au sein de l'Union''.
Au cours d'un entretien lors de la campagne du premier tour, il avait affirmé souhaiter la réhabilitation des anciens cadres de Mohamed Bacar au nom de la réconciliation et parce qu'ils sont utiles. ''Je suis pour leur réhabilitation.
Certains sont de grands cadres expérimentés qui peuvent servir l'île. Si parmi eux, il y en a qui ont commis des exactions, la justice fera son travail mais j'estime qu'il faut des preuves pour cela''.
Ali Moindjié
Al-watwan N° 1105 du 2 juillet 2008