Après des années de régime séparatiste sans partage, l'île d'Anjouan vit aujourd'hui une des périodes les plus cruciales de sa vie politique. Malgré les moyens énormes mis à la disposition du candidat TOIYIBOU par SAMBI, les fraudes ou tentatives de fraudes enregistrées et les nombreuses manoeuvres d'intimidation à l'endroit des agents de l'Etat qui soutiennent DJAANFARI, ce dernier est sorti vainqueur du premier round. De l'avis de certains observateurs objectifs et dénués de tout esprit partisan, ce résulat n'est pas du tout usurpé. Peut être même que le premier tour aurait pu sceller la victoire définitive du candidat DJAANFARI si, les règles du jeu démocratique étaient réellement appliquées. En tout état de cause, cette première phase du scrutin a démontré que les anjouanais ne sont plus dupes et qu'ils rejettent dans leur immense majorité, la politique de division, de capitulation et de récession orchestrée par SAMBI et sa bande, constituée comme nous le savons tous, de nombreux membres fondateurs du mouvement séparatiste anjouanais.
Seul bémol dans cette prise de conscience collective, un taux d'abstention élevé. Près d'un électeur sur deux ne s'est pas déplacé. Cela dénote une forme de lassitude des habitants de l'île qui ne croient plus à la chose politique, tellement les autorités de l'union leur racontent des balivernes. Les promesses faites par SAMBI pour lutter contre la pauvreté et les multiples projets de développement énoncés sont restés lettre morte. La Justice qui fut pourtant, un des piliers du programme de campagne de AHA, est aujourd'hui à géométrie variable. Seuls les faibles et les pauvres subissent les foudres de la Justice. Tous les prisonniers qui ont le bras long ou de la famille et des amis dans le cercle du pouvoir sont ou seront prochainement libérés sans aucune forme de procès. Auteur de faits particulièrement graves (complicité de viols et de violences aggravées, arrestations arbitraires. ..), le brutal colonel ABEID continue à bénéficier de la protection de ses frères de Mutsamudu qui peuplent la présidence de l'Union. Aucun compte ne sera demandé au prospère commerçant Mon Garçon qui fut pourtant un des principaux porteurs d'affaires de BACAR. Il a profité des largesses du régime en obtenant automatiquement le dédouanement gratuit de ses containers sur instructions du colonel mafieux avec lequel, il partageait certainement, le butin. C'est un cousin. Il ne lui arrivera rien. Bel exemple de solidarité ! Pour ce qui est de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, notre AYATOLLAH doit ignorer la définition pénale de ces deux termes. Il faut qu'il sache que lorsqu'on détourne l'argent de l'Etat de sa finalité, de son affectation initiale et qu'on le met à la disposition d'un candidat à des fins partisanes, cela s'appelle du détournement de deniers publics; une infraction passible de poursuites devant les tribunaux. Le slogan «Servir et non se servir» n'était qu'une plaisanterie, un mensonge de plus, une manière de tromper encore le peuple. Nous savons tous que les postes à responsabilité s, les grands ministères et les représentations à l'étranger, sont entre les mains des amis et parents de SAMBI. Plus grave encore, quand on piétine la constitution (article 1er), en cédant une partie du territoire national à l'ancienne puissance colonisatrice en vue de sa départementalisation , cela s'appelle de la haute trahison. C'est donc tout l'édifice SAMBI qui s'éfrite, qui s'écroule lamentablement. Sur tous ces points, SAMBI a perdu aux yeux de la majorité des comoriens toute crédibilité. Les comoriens ont faim et en ont assez des discours et des grandes parades militaires. Incapable d'un quelconque sursaut parce qu'il n'a ni la compétence ni l'envergure, il serait temps qu'il retourne dans les mosquées pour les prêches du vendredi.
Dans la plus grande confusion et pour se dédouanner, SAMBI dénonce les effets pervers de la constitution et le coût de la superstructure qui obère les finances publiques. Il oublie au passage que depuis son accession au pouvoir, les effectifs de la fonction publique ont inutilement augmenté. Le siège de la présidence de l'Union est rempli de gratte-papier dotés du titre honorifique de «conseillers» qui ne servent à rien comme il le reconnaît lui-même. Pourquoi en sa qualité de leader, ne commence-t-il pas par faire le ménage et donner le bon exemple ? Des conseillers qui ne sont même pas capables de lui expliquer que le système d'investissement qu'il comptait mettre en place est juridiquement lié à la notion de volontariat et que nul ne peut être obligé de procéder à des placements s'il n'en éprouve pas le besoin. Des conseillers aux capacités tellement limitées qu'ils sont infoutus de lui faire remarquer qu'un Président (pouvoir exécutif) ne doit pas s'immiscer dans les affaires judiciaires. Des conseillers dont la seule préoccupation est de s'attribuer des véhicules de fonction et le maximum de carburant pour les promenades privées. Il faut bien en profiter car, 2010 approche.
SAMBI dénonce les effets néfastes de notre constitution. Il a entièrement raison. Que propose-t-il à la place ? Rien car, il n'a pas dans son entourage les hommes capables de lui suggérer un projet. Pour s'en sortir, il élude le sujet en annonçant qu'il attend que le peuple en prenne l'initiative. Dans ce cas, pourquoi ne demande-t-il pas au peuple de se prononcer par reférendum sur une nouvelle architecture institutionnelle ? Tout cela, c'est du vent, de l'improvisation au service de l'inefficacité et du gâchis. En vérité, SAMBI n'écoute que lui-même. Il n'a pas dans sa politique de lignes directrices. Il navigue à vue. De plus, il s'en fout royalement du peuple et de ses représentants. La manière dont il a geré le dossier mahorais est venue amplement nous le confirmer. Comment peut-on concevoir que le traitement de ce délicat dossier qui concerne l'intégrité du territoire, soit confié à de simples fonctionnaires et à de soi-disant «sages» (Mroudjaé et Mlahayili) au détriment de la représentation nationale ? C'est une insulte au peuple et aux députés qu'il a démocratiquement élus.
Pour revenir au sujet qui nous préoccupe à savoir, l'élection d'Anjouan, au lieu d'observer un rôle d'arbitre et de conserver la hauteur inhérente à sa fonction, SAMBI s'est fourvoyé pour des raisons de petite politique. Il a pris d'incommensurables risques en s'impliquant personnellement dans le scrutin. En cas d'élection de DJAANFARI, son autorité et son rôle de leader en sortiront gravement affaiblis ou tout au moins atteints. En cas de défaite très prévisible et en tout cas, souhaitable de son protégé TOIYIBOU, SAMBI sera totalement isolé. La défaite de TOIYIBOU sera, qu'il le veuille ou non, la sienne. En outre, le soutien accordé aux deux présidents de Mwali et de Ngazidja au candidat DJAANFARI, augure des lendemains difficiles pour SAMBI et une cohabitation douleureuse avec les exécutifs insulaires.
Pourquoi l'élection de DJAFFARI est-elle souhaitable ?
Sur les sujets majeurs qui préoccupent les anjouanais, la position du candidat DJAANFARI a toujours été claire. Si le développement de l'île demeurera la pierre angulaire de son action, il s'est engagé à respecter les institutions et à favoriser la coopération entre les îles soeurs. L'expérience parlementaire de M. DJAANFARI prouve qu'il n'a jamais confondu autonomie et indépendance. Seule force de résistance restée sur place pour dénoncer et lutter contre la dictature BACAR, il n'a jamais capitulé et ne s'est jamais fourvoyé. Comme la majorité des comoriens, il partage l'idée selon laquelle, la constitution actuelle n'est pas adaptée et qu'il convient rapidement mais dans la serénité et dans le respect des lois, procéder à son amendement. Sur la question essentielle de Mayotte et en dépit des intentions et des accointances qu'on lui prêtes, le candidat de la rupture reste foncièrement attaché aux dispositions de l'article premier de notre constitution qui affirme que cette île fait plus que jamais, partie intégrante de notre archipel.
D'autre part, devant la dérive autoritaire et autocratique du pouvoir exercé par SAMBI et ses petits amis, un contre-pouvoir au niveau régional et national s'avère plus que jamais nécessaire. Afin de préserver l'unité de la nation et garantir la concorde entre les îles, il conviendra de faire renaître la confiance entre les différentes autorités. Or, nous savons que chaque jour qui passe, le fossé s'agrandit entre SAMBI et les responsables de Mwali et Ngazidja. Cette situation préjudiciable pour les habitants ne peut perdurer car, pour faire face aux défis économiques et rattraper l'énorme retard accumulé après des années de pillage, l'île a besoin d'un homme de conviction et d'action. Ndzouwani a surtout besoin d'un homme politique d'expérience, intègre et indépendant. Cet homme ne peut pas être TOIYIBOU qui, n'a jamais exercé de mandat électif. C'est une potiche, une marionnette que SAMBI veut nous imposer pour poursuivre ses basses oeuvres. DOSSAR, le ministre DJAFFAR, SAMBI et leur cour ont pris goût au pouvoir qu'ils exercent sans partage. D'ores et déjà, ils s'interrogent sur leur propre avenir après 2010. Ils cherchent donc une base de repli. L'île d'Anjouan à laquelle ils auront préalablement placé une girouette sera l'endroit idéal. De plus, la capitulation dans le dossier mahorais et les multiples concessions faites à la France, leur garantiront une certaine bienveillance des autorités de Mayotte pour services rendus. La coopération régionale dont Anjouan sera largement bénéficiaire pour les mêmes raisons, est certainement destinée à servir leurs interêts mercantiles. N'oublions pas que SAMBI est un ancien commerçant et qu'il conserve encore, un sens très aigui du business.
Pour contrecarrer cette politique des «petits amis» faite d'improvisation et surtout stopper l'hémorragie, les anjouanais doivent faire le bon choix. Ils doivent accorder leur confiance au candidat DJAANFARI qui a fait ses preuves et qui a pris l'engagement ferme, de défendre en tout lieu et en toute circonstance, les intérêts des habitants de l'île. C'est un homme de consensus qui reunira toutes les enérgies pour sortir rapidement Anjouan de l'ornière. DJAANFARI est tout simplement l'homme de la situation.
Enfin, devant le choix majeur qui engagera durablement leur avenir, nous, anjouanais de la dispora, exhortons nos compatriotes à se rendre massivement aux urnes, afin d'accorder au candidat DJAANFARI, la plus large victoire possible. Une victoire qui, par son ampleur ne pourra être constestée. Nous souhaitons surtout que les opérations électorales se déroulent sans heurts et que la démocratie et le bon sens politique triomphent.
POUR UNE ILE D'ANJOUAN PROSPERE, RESPECTEUSE DES INSTITUTIONS ET SOLIDAIRE DES AUTRES ENTITES... POUR GARANTIR LA RUPTURE DEFINITIVE AVEC LE SYSTEME SAMBI, VOTEZ MASSIVEMENT DJAANFARI !!! VOUS NE LE REGRETTREZ PAS.
De la part d'un citoyen de la diaspora comorienne soucieux de l'avenir de l'île de Ndzouwani.
KASSIM ALI SAID � MARSEILLE 21 JUIN 2008.