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Comores - La Réunion : La France protège le dictateur Bacar

Comores - La Réunion : La France protège le dictateur Bacar

Posté le 17.05.2008 par moindjie
A La Réunion, la France protège le dictateur anjouanais Mohamed Bacar.
BACAR DANS LES BOTTES SANGLANTES DE LA FRANÇAFRIQUE

Les témoignages qui suivent sont extraits d'une enquête réalisée à Anjouan du 7 au 9 avril 2008 par la section locale de la Fondation Comorienne des Droits de l'Homme. Leur anonymat tient à préserver les personnes concernées des éventuelles menaces dont elles pourraient encore faire l'objet.

Affaire BACAR : une sombre page de plus à inscrire aux basses œuvres de l'impérialisme français et de ses complices aux Comores. POUR MÉMOIRE : les années 70-80, Bob Denard et les mercenaires (deux Présidents assassinés, tortures, intimidations, cadavres jetés pour l'exemple en place publique...) ; le serpent de mer des séparatismes (Mayotte 1975, Anjouan 1996, avec la bénédiction de l'extrême-droite et des plus hautes autorités de l'Etat français). 2001-2008 : le colonel Bacar s'impose par la force des armes dans l'île d'Anjouan, jusqu'au débarquement de l'Armée Nationale et des contingents de l'Union Africaine le 26 mars 2008.
* « Ils sont venus vers minuit et ont cassé la porte. Ils ont fouillé toute la maison en cherchant mon mari. J'ai dit qu'il n'est pas là et que je ne sais pas où il est parti. Ils ont pris les enfants et les ont enfermés dans une chambre sans lumière. Ils m'ont jetée dehors et ont commencé à me tabasser. Ils m'ont emmenée sur la place publique et m'ont menacée de me tuer si je ne leur dis pas où est mon mari. J'ai répondu que quand il a connaissance d'une patrouille dans la région, il ne dort pas à la maison. (...) Je les ai suppliés de ne pas m'emmener par pitié pour les petits enfants qui sont restés seuls à la maison. J'ai reçu des gifles quand j'ai dit cela et après, on m'a laissée partir. Je suis partie clandestinement à Ngazidja [Grande Comore] où j'ai passé trente huit jours et j'ai été soignée par le docteur A. S. Omar » (déclaration de Mme S. K.).
SUITE TRAGI-COMIQUE : Dès le 26 mars et dans les jours qui suivent, une rocambolesque exfiltration de Bacar & barbouzes, grossièrement orchestrée par quelques taupes des réseaux français, vers La Réunion via Mayotte...A la veille du débarquement, Bacar prétendait encore vouloir se battre « jusqu'au dernier Anjouanais », après s'être particulièrement bien enrichi... jusqu'au dernier naufragé entre Anjouan et Mayotte. Puis une hallucinante fiction juridique jouée dans tout ce que La Réunion compte de prétoires, transformés pour l'occasion en tréteaux de Molière. « Il faut sauver le soldat Bacar », tel est le titre de cette farce interprétée sans brio par une Compagnie fantoche.
OPPRESSION GÉNÉRALISÉE :sadisme, humiliations, traques...
H. E., mère de deux filles, déclare : « On me recherchait pour avoir critiqué le pouvoir et pour avoir réclamé mon salaire de 24 mois que je n'ai pas reçu. J'ai dû m'exiler pendant 75 jours à Bandrani. Après je suis revenue au village vers début janvier mais quand on l'a su, on me recherchait encore. Quelques amis sont venus me le dire. Cette fois-là, j'ai pris le maquis et je vivais dans la forêt avec un groupe de trente quatre personnes dont j'étais la seule femme. Nous sommes rentrés à Moya le mercredi 26 mars après le débarquement ».A Nyantranga, une vingtaine d'hommes ont vécu dans les forêts de janvier à mars 2008. A Ongoni, 2/3 des hommes ont vécu dans le maquis, depuis le mois de décembre jusqu'au jour du débarquement...
B. M., mécanicien de Bambao Mtsanga. Il a été arrêté le 18 janvier 2008 vers une heure du matin. Le chef de section était S. : « Après le passage à tabac, j'ai remarqué que j'avais des excréments partout mais on ne m'a pas laissé aller aux toilettes ». B. M. a été hospitalisé à Domoni et soigné par les docteurs M. Soilihy et M. Haidar.
UNE ECONOMIE DE LA TERREUR.
L. B. de Mutsamudu, arrêté le 22 janvier 2008 à l'Alliance Franco-Comorienne, a été emmené à la brigade de Mutsamudu où il a passé 12 jours sans qu'il sache la cause de son arrestation. Il a été transféré à Ouani où il a subi des tortures physiques. Sa libération était conditionnée par une rançon d'un million de francs comoriens donné à la FGA [Force de Gendarmerie d'Anjouan]. Les négociations ont été faites directement entre son père et le colonel Bacar avec la médiation de D. Salim, ex ministre de l'intérieur.
RÉPRESSION DES ENSEIGNANTS : chasse à l'homme, sévices, tortures...
I. S. A., professeur d'Education Physique, originaire de Sima : c'est le 18 décembre 2007, aux environs de 1 heure du matin, qu'une équipe d'une dizaine de soldats de la FGA a débarqué chez lui, l'a violemment réveillé et ligoté sans lui permettre de s'habiller. Il a commencé à recevoir des coups de poings et de pieds. Dans le véhicule de la FGA, il a aperçu certains de ses amis, qui ont subi le même sort. Vers la fin du village de Sima, dans le région de Chisimani, Mr I. S. A. et ses amis ont vécu un enfer de tortures : coups de matraque sur les pieds, les bras, les hanches et le dos, coups de crosse, coups de poing... Après un interrogatoire musclé, on les a faits monter dans un véhicule : la torture a repris, jusqu'à la brigade de Ouani. A 9 heures du matin, le lieutenant M. a une nouvelle fois ordonné la torture. Un morceau de bois a été introduit dans la bouche de I. S. A. et quatre hommes cagoulés l'ont tabassé jusqu'à son évanouissement. Lorsqu'il s'est réveillé, il a constaté que ses urines et ses celles étaient sanglantes. Après 8 jours à la brigade de Ouani, il a été transféré à la maison d'arrêt de Koki où il a passé 4 jours avec ses amis qui ont subi le même sort sans le moindre soin médical. Après le 4ème jour à Koki, ils ont tous été relâchés. Actuellement, ils souffrent de douleurs chroniques sur tous les membres de leur corps. Les uns marchent boiteux ou titubants, les autres n'arrivent pas à s'asseoir correctement pendant une durée prolongée.
A. A., instituteur originaire de M'ramani, a été enlevé à son domicile le 27 décembre 2007 aux environs de 1 heure du matin. Ligoté, il a été torturé sur la place de Nkohani jusqu'à l'aube. Le 28 décembre, il a été transféré à la Brigade de Domoni où il a passé 6 jours. Il est victime d'une fracture du pied. Il est devenu boiteux sans aucun suivi médical.
K. H. O. de Nioumakele Chaoueni, professeur d'Histoire Géographie, arrêté le 28 décembre 2007 par 12 FGA. Il menait une grève des enseignants dans l'île. Il lui a été infligé de nombreuses blessures.
H. A., instituteur à M'ramani, arrêté le 22 juin 2007 à 22h, pour simple fait de grève. Il a également subi de nombreuses tortures physiques.
S. A., instituteur, originaire de Ouani, a été convoqué à la brigade de Ouani le 2 octobre 2007. Arrivé à la brigade, au moment où il demande le motif de sa convocation, il aperçoit un chef de la FGA qui se jette sur lui et le torture de 9h3o à 11h3o.
MAI 2008 : l'OFPRA refuse l'asile à Bacar. Ce camouflé fonctionne pourtant comme un lapsus : celui d'une sous-traitance politique de sa protection ainsi déléguée à un pays tiers (Afrique du Sud ? Australie ?).
PERSÉCUTION DE LA JEUNESSE : bastonnade, tabassages, enlèvements..
A. A. M., originaire de M'ramani, jeune adolescent, élève de 4ème , a été enlevé à 5 heures du matin et torturé jusqu'à 16 heures où il a été relaxé. Ce mineur a été arrêté parce que son père a réussi à échapper au groupe de commandos de la FGA qui a débarqué chez lui la veille pour l'arrêter.
S. A. dit Dj Ropa, de Domoni : suite à la production de chansons opposées au régime de M. Bacar, il a été arrêté et incarcéré à la brigade de gendarmerie de Domoni. Il a été roué de coups de rangers et de bâtons.
El F. A. S. (élève de 22 ans) : ligoté aux pieds et aux jambes puis jeté dans un véhicule où on lui a marché dessus jusqu'à la brigade de Bambao, il a été roué de coups de bâton, emmené ensuite à la brigade de Sangani pendant 6 heures où il a été une nouvelle fois roué de coups de bâton et enfin à Hombo pendant 24 heures. Il a été arrêté et torturé à la place de son père, introuvable. Ses tortionnaires se nomment notamment S. de Mohéli et C. de Mromaji.Melle
E. A. de Mutsamudu, secrétaire comptable à l'usine Coca cola d'Anjouan, a été enlevée puis emmenée à la Brigade où elle a été tabassée la nuit durant, à l'insu de ses parents.
Le jeune K. M., de Domoni, a été arrêté à minuit en plein sommeil. Après qu'il a été contraint d'aboyer, on a obligé un de ses copains d'infortune à lui tondre les cheveux à l'aide d'une machette et d'une capsule de cannette, jusqu'à ce que le sang coule abondamment sur son corps.
N. D. âgé de 18 ans, élève en classe de 4ème, originaire de Barakani, village natal de Mohamed Bacar, a été assassiné devant la porte de la résidence de Mohamed Bacar. Ni la FGA ni Mohamed Bacar n'ont jugé bon de fournir une quelconque explication.

LE PEUPLE COMORIEN EXIGE QUE MOHAMED BACAR SOIT RENDU AUX AUTORITÉS DE SON PAYS, L'UNION DES COMORES, POUR RÉPONDRE DE SES ACTES DEVANT LA JUSTICE COMORIENNE, EN ACCORD AVEC LE MANDAT D'ARRÊT INTERNATIONAL DONT IL EST TOUJOURS L'OBJET ET POUR LEQUEL L'UNION AFRICAINE S'EST MOBILISÉE.
MATSO NA MAKIYO


Source : google news france / Indymedia Paris Île-de-France



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