Après la libération d'Anjouan c'est la colère qui règne chez les comoriens où qu'ils se trouvent après l'accueil chaleureux du dictateur Bacar par les autorités de Mayotte. On lui réserve un exil doré. Ainsi il pourrait ne pas répondre de ses actes à la justice comorienne.
Selon RFO, Mohamed Bacar a passé la nuit chez son frère, installé de longue date à Mayotte. Un escadron de CRS encercle la maison, et des barrages ont été dressés sur la route pour empêcher des manifestants hostiles à Mohamed Bacar d'affluer.
Des virulentes manifestations tous azimut
A Mayotte
Les comoriens contestent la présence de Bacar avec ses acolytes à Mayotte. Et l'asile qui lui serait accordé par les autorités françaises alors que des mandats d'arrêts internationaux ont été émis par le gouvernement légal de l'Union des Comores, remue la plaie.
Ce jeudi matin, la tension monte entre les forces de l'ordre et les manifestants qui tentent d'empêcher Mohamed Bacar d'être évacuer à bord d'un Transal qui, selon Malango, « serait attendu à Mayotte dans les prochaines heures ». Selon cette même source, des motos ont été brûlées et un véhicule de police caillassé. Les métropolitains présents dans le secteur sont pris à partie par les manifestants en colère et la préfecture a interrompu le service de la barge afin d'éviter que les manifestants de Mamoudzou viennent grossir les rangs des protestataires à Pamandzi.
Ces manifestations ont lieu alors que Mayotte s'apprête à accueillir demain vendredi le nouveau secrétaire d'état à l'outremer, Yves Jégo qui va se trouver confronté à un problème de poids pour son baptême ultramarin.
A Moroni
Dans la capitale des Comores (Moroni), une grande manifestation réuni plusieurs comoriens. La rue qui mène vers l'ambassade de France est fermée pour empêcher les manifestants de s'en prendre à l'Ambassade. L'école française a aussi fermée ses portes pour des raisons de sécurité. Des manifestants réclame le départ immédiat de l'ambassadeur de France aux Comores. ''Mfarantsa nalawe'' (dehors la France) c'est le slogan scandé par des manifestants. On a pu lire : « La France, livrez Bacar et ses bourreaux ! », « La France, arrêtez votre ping-pong !»
"Nous sommes ici pour dire à la France que nous ne sommes pas prêts à avaler la nouvelle couleuvre qu'elle veut nous faire avaler", a lancé à l'AFP l'infatigable Idriss Mohamed du Comité Maore, présent dans la manifestation.
A Mohéli
C'est à la place de l'indépendance de Fomdoni (la capitale de Mohéli) que les mohéliens se sont réunis pour manifester leur colère. Ici on demande à la France d'aller au-delà du discours officiel et faire preuve de sa bonne volonté d'aider les Comores à rétablir l'ordre dans le pays. Les mohéliens demandent clairement dans des banderoles, le renvoie de Bacar à Moroni.
A l'étranger
Les Comoriens de l'étranger ne baissent pas les bras. En France et à la Réunion, la diaspora se mobilise pour organiser des manifestations dans les différentes grandes villes.
Nous vous donnerons les dates dès que possible.
La France a du mal à convaincre
La manière dont la France a géré la crise séparatiste nourri au jour le jour le sentiment anti-français aux Comores, malgré sa contribution pour avoir transporter les troupes de l'UA à Moroni. Les comoriens ont le sentiment que la courtoisie, la tolérance et le respect envers les français ne sont pas réciproques. Beaucoup d'événements soulèvent des nombreuses questions très embarrassantes surtout pour la France qui a du mal à convaincre de sa bonne foi. L'accueil d'Abdou Bacar à Mayotte le 1er juillet 2007 (voir ici) et le refus des autorités de Mayotte du lui renvoyer à Moroni alors qu'il fait partie des personnes interdites de quitter les Comores par l'UA, le voyage à Mayotte de Mme Roukia, la directrice de la douane anjouanaise qui est rentrée à Anjouan par hélicoptère le 20 décembre dernier (voir ici) et la violation du sol comorien par ce même hélicoptère qui s'est écrasé mystérieusement à Sima, accidentellement nous dit-on, (voir ici) ne laissent pas les comoriens indifférents.
Mais si la population est très consciente et se mobilise activement, on peut regretter l'action de notre diplomatie qui, jusqu'à preuve du contraire, rempli maladroitement sa mission. En tout cas dans nos relations avec la France !
Comores4