Posté le 19.07.2008 par moindjie
L'intervention de la gendarmerie qui a fait usage de ses armes pour contenir le soulèvement des habitants d'un village menacé de coupure générale d'électricité, a fait un mort et près d'une dizaine de blessés, vendredi à Ivembéni (30 km au nord-ouest de Moroni), a-t-on appris de sources hospitalières.
Selon un officier de gendarmerie, les forces de l'ordre avaient accompagné des agents de la Ma-Mwe (société d'eau et d'électricité) qui demandaient leur protection pour isoler le village d'Ivembéni du réseau électrique à la suite de fraude constatée dans un foyer du village.
"La société a demandé la protection de nos hommes car la Ma-Mwe avait décidé d'isoler tout le village dont les habitants s'étaient montrés solidaires du fraudeur", a expliqué l'officier sous l'anonymat, précisant : "ce qui s'est passé aujourd'hui témoigne de cette solidarité".
"Nous avons vu surgir les gendarmes devant la grande mosquée alors que tout le monde était en train de faire la prière, ils se sont mis à lancer des grenades lacrymogènes à l'intérieur de la mosquée", a témoigné Mariama Said, une jeune femme d'Ivembéni.
"Je suis abasourdie par ce que j'ai vu aujourd'hui. Pourquoi juste au moment où tout le monde se trouvait à la mosquée ? Pourquoi punir tout un village pour une famille supposée avoir fraudé ?", a réagi une autre femme du village.
Les éléments de la brigade anti-fraude créée par la Ma-Mwe pour lutter contre le piratage d'électricité sont souvent victimes de la solidarité des villageois qui se mettent du côté des fraudeurs pour repousser avec brutalité les agents de la Ma-Mwe.
Moroni - 18/07/2008
Pana
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Posté le 19.07.2008 par moindjie
COTONOU (AFP) — Le colonel Mohamed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, est arrivé samedi à Cotonou, au Bénin, en provenance de l'île française de la Réunion d'où il a été expulsé.
Le colonel Bacar, qui est arrivé sous escorte française à l'aéroport militaire de Cotonou, avait été expulsé samedi matin de l'île française de la Réunion avec son frère et deux de ses hommes par un vol spécial affrété par le gouvernement français.
Il a été remis entre les mains des autorités béninoises et, peu après son arrivée au Bénin, a été conduit sous escorte de quatre véhicules de police béninois dans un hôtel de Cotonou.
"Je suis parti parce que l'Union africaine (UA) m'a collé un carton rouge. Je vais rester au Bénin autant qu'on me le permettra", a déclaré le colonel Bacar à son arrivée.
"L'important maintenant, c'est de réfléchir à nos erreurs passées pour savoir comment nous y prendre", a-t-il ajouté.
Selon des sources informées, il devrait passer quelques jours à Cotonou avant d'être envoyé dans une ville du nord du pays à environ 500 km de Cotonou, pour une durée indéterminée.
Selon des sources béninoises, l'ancien homme fort d'Anjouan devra s'abstenir de toute activité politique durant son séjour.
Peu après l'annonce du départ du commandant pour le pays ouest-africain, le gouvernement comorien s'est dit "déçu" et a réitéré sa volonté de juger le "criminel Bacar".
"Ce que nous voulons, c'est que le criminel Bacar soit jugé soit par une juridiction comorienne, soit par une juridiction internationale", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Abdourahim Said Bakar.
Président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'UA, Mohamed Bacar a été renversé il y a quatre mois par une opération de l'armée comorienne et de troupes mandatées par l'Union africaine.
Arrivé fin mars dans l'île de la Réunion avec des militaires de sa garde rapprochée, il avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
L'asile en France lui avait été définitivement refusé fin juin, mais son renvoi aux Comores avait été exclu. Il était depuis assigné à résidence dans une base aérienne militaire de la Réunion.
A la veille de son départ, le colonel Bacar avait déclaré à la presse locale avoir demandé des "garanties" contre son renvoi aux Comores, une fois arrivé au Bénin.
"Le fait que l'Union africaine ait décidé de m'écarter du pouvoir je l'accepte. Mais le fait de me coller une étiquette d'assassin et de dictateur, je le nie complètement" avait-il dit. Il avait réitéré son souhait de vivre en France, à Nantes (oust) où vivent sa femme et ses cinq enfants.
Posté le 19.07.2008 par moindjie
MORONI - Le gouvernement comorien s'est dit "déçu" après l'expulsion samedi de l'île française de La Réunion à destination du Bénin du colonel Mohamed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, et a réitéré sa volonté de juger le "criminel Bacar".
"Nous sommes déçus de cette décision de transférer Mohamed Bacar au Bénin. Ce que nous voulons, c'est que le criminel Bacar soit jugé soit par une juridiction comorienne, soit par une juridiction internationale", a réagi samedi auprès de l'AFP le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Said Bakar.
"Les crimes de Bacar ne peuvent pas rester impunis, il doit répondre de ses actes devant la justice", a affirmé le porte-parole.
"Est-ce que la France aurait des choses à cacher dans cette affaire, des choses qu'elle ne voudrait pas que la justice et les Comoriens découvrent ?", s'est également interrogé M. Said Bakar.
Mohamed Bacar a été expulsé de l'île française de La Réunion samedi avec son frère et deux de ses hommes à destination de Cotonou (Bénin), selon un communiqué de la préfecture de La Réunion.
De son côté, le secrétaire national du parti d'opposition comorien Ridja, Mohamed Abdou Soimadou, a réclamé que le "gouvernement comorien mette en place le dispositif qui permettrait de juger Mohamed Bacar et ses complices, même par contumace".
Réagissant auprès de l'AFP, M. Soimadou a accusé les autorités comoriennes d'avoir été "complices" de "l'exfiltration" de Mohamed Bacar des Comores, puis de "la mise en scène de La Réunion".
"Nous considérerons que c'est un coup contre les Comores et leur dignité", a-t-il encore accusé.
M. Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA), a été renversé fin mars par une opération de l'armée comorienne et de troupes mandatées par l'UA.
Arrivé fin mars à La Réunion avec des militaires de sa garde rapprochée, Mohamed Bacar a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
L'asile en France lui avait été définitivement refusé fin juin, mais son renvoi dans l'archipel des Comores (composé des îles de Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) avait été exclu. Il était depuis assigné à résidence dans une base aérienne militaire de La Réunion.
Moussa Toybou, un ingénieur des travaux publics peu connu sur la scène politique comorienne, a été élu fin juin président de l'île d'Anjouan pour succéder à M. Bacar.
(AFP / 19 juillet 2008 13h16
Posté le 19.07.2008 par moindjie
SAINT-DENIS-DE-LA REUNION (AFP) — Le colonel Mohamed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, a été expulsé de la Réunion samedi avec son frère et deux de ses hommes à destination de Cotonou (Bénin), selon un communiqué de la préfecture de la Réunion.
"Ce matin, M. Mohamed Bacar, son frère et deux Anjouanais assignés à résidence à la Base aérienne 181 ont été reconduits par un vol spécial affrété par le gouvernement français à destination de Cotonou (Bénin)", a indiqué un communiqué du préfet de la Réunion Pierre-Henry Maccioni.
Leur départ s'est déroulé "sans aucun incident", selon la préfecture.
"Toutes les voies de recours suspensif étant éteintes, les autorités béninoises ayant fait connaître leur disponibilité à accueillir M. Bacar, le préfet a fait part à ce dernier et à trois autres Anjouanais préalablement désignés par lui, par courrier notifié le 10 juillet 2008, de son intention d'abroger les arrêtés d'assignation à résidence et de mettre à exécution les arrêtés de reconduite à la frontière les concernant", ajoute le texte.
Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA), a été renversé fin mars par une opération de l'armée comorienne et des troupes mandatées par l'UA.
Arrivé fin mars dans l'île française de la Réunion avec des militaires de sa garde rapprochée, Mohamed Bacar a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
L'asile en France lui avait été définitivement refusé fin juin, mais son renvoi aux Comores avait été exclu. Il était depuis assigné à résidence dans une base aérienne militaire de la Réunion.
Posté le 19.07.2008 par moindjie
Les légendes sont celles qui figurent sur les cartes, les termes employés sont ceux de l'époque
Legends are exactly reproduced, words used are those of the period
Ngazidja des années en 50 en photos, c'est une mine d'or.
Si vous aviez des photos du genre pour les autres iles faites moi part ça s'il vous plait.
Cliquer ici pour vivre Ngazidja des années 50:
http://www.comores-online.com/collections/cartes_anciennes/cartescomore.htm
Posté le 19.07.2008 par moindjie
Alors qu'ils se préparaient pour aller à la mosquée pour la prière du vendredi 18 juillet, les habitants d'Ivembéni (une localité du nord de Ngazidja) ont accueilli à contre cœur la gendarmerie nationale. Des échauffourées ont éclaté entre les habitants et la gendarmerie. On déplore un mort, plusieurs blessés et des dégâts matériels.
Le jeune Amed Ali Youssouf dit Kovo, âgé de 18 ans aviron est mort avant d'arriver à l'hôpital de Mitsamiouli. Il serait tué par balle.
La prière du vendredi serait perturbée.
Il y a trois jours, des agents du service antifraude se sont rendus à Ivembéni, où une fraude massive d'électricité a été constatée. Les jeunes d'Ivembéni n'avaient pas apprécié le contrôle de ces agents. Ces derniers ont été agressés ce jour là.
Comores4
Posté le 18.07.2008 par moindjie
L'ancien président sud-africain Nelson Mandela fête, vendredi 18 juillet, son 90e anniversaire en famille, dans le village rural de Qunu (sud-est du pays) qui l'a vu grandir, loin de la pluie d'hommages pour saluer l'homme d'Etat le plus populaire au monde.
Sa famille lui prépare "une surprise", a expliqué sa petite-fille Ndileka Mandela, sans donner de détails. La journée de vendredi est strictement réservée à l'entourage du héros de la lutte anti-apartheid mais la famille s'est laissée photographier avec le premier président noir du pays (1994-1999). Dans le pays, des fêtes, concerts et initiatives diverses sont prévus vendredi, notamment un combat de boxe (clin d'œil à son loisir de jeunesse favori), pour fêter ses 90 ans, mais aussi son dixième anniversaire de mariage avec Graça Machel, la veuve de l'ancien président du Mozambique Samora Machel. Des invités de marque – dont le président Thabo Mbeki et le chef du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir) Jacob Zuma – se joindront à la famille de Nelson Mandela, samedi, pour prolonger la fête. Médias et grand public ne sont pas officiellement conviés aux célébrations.
"PARTAGER LES RICHESSES"
Les festivités autour de l'anniversaire de l'ancien Prix Nobel de la paix (1993) avaient déjà commencé fin juin avec, notamment, un concert géant à Londres pour la lutte contre le sida, mais aussi une fête de son Fonds pour l'enfance, et le lancement d'un timbre à son effigie. Les hommages ne s'arrêteront pas ce week-end : l'ANC n'a rien prévu pour le jour J mais prépare un grand rassemblement le 2 août à Pretoria, la capitale.
Nelson Mandela a profité de son anniversaire pour dénoncer les inégalités sociales :"Il y a beaucoup de riches en Afrique du Sud et ils pourraient partager leurs richesses avec ceux qui n'ont pas eu la chance de sortir de la pauvreté", a-t-il déclaré. "Notre peuple est en proie à la pauvreté", a déploré M. Mandela, qui s'est dit chanceux d'avoir atteint ce grand âge. "Mais si vous êtes pauvres, vous avez peu de chances de vivre longtemps", a-t-il ajouté. L'Afrique du Sud est la première puissance économique du continent, mais 43 % de ses 48 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté, et les inégalités de revenus ne cessent de s'accroître.
Posté le 18.07.2008 par moindjie
Moroni, mercredi 16 juillet 2008 (HZK-Presse) – Dans la matinée d'hier mardi, dans le quartier Hamramba, vers 12 heures. A la station Bonzami, les employés ont déserté les lieux. Et comme dans une foire, une interminable file de voitures à cours de carburant sont garées. Tout en haut des citernes à l'abri du tohu-bohu, des gens patientent, les cœurs sans espoir.
« Je n'ai plus l'espoir d'avoir du gasoil. D'ailleurs, j'ignore vraiment si la station a du carburant ou pas. En fait, je voudrais bien rentrer chez moi, mais je suis pétrifié car chaque fois que mon camion ne fonctionne plus faute de gasoil, c'est toute ma vie et la vie de mon foyer qui se retrouve perturbée », nous a dit Hadj Ibrahim, habitant de Mboude ya Bambao.
A ses côtés, Ridjal Ali, tronçonneur, nous a confié à son tour : « Avec cette jerricane, j'ai fait le tour de toutes les stations dans l'espoir d'avoir une goutte d'essence. Sans succès. Ils me disent toujours qu'ils ne vendent qu'à ceux qui ont des voitures. Comme je ne peux plus utiliser ma tronçonneuse, mon seul outil de travail, je risque de ne plus pouvoir nourrir ma famille. »
A quelques kilomètres de là, à la station Al Kamar c'est toujours la même scène de désolation. Ali Soilih alias Mahélé 100% et Ibrahim Hassane, tous deux chauffeurs de taxi-brousse, ont passé toute la nuit de mardi dans la station. Les fauteuils de leurs véhicules servant de matelas. « Parait-il que les stations ne vendent pas leur gasoil parce qu'il y a des rumeur de hausse des prix, et l'Etat hésite encore, d'où les menaces de spéculations, » nous ont-ils dit.
A la station Filling, Lopez, assistant de direction, somme les propriétaires des voitures que s'ils n'enlèvent pas leurs véhicules de la station, il serait obligé de les enlever par la force, quitte même de les mettre en morceau. « Je ne sais pas pourquoi je dois enlever ma voiture de là. Comme les autres je fais la queue aussi. Je n'attendrais pas six heures de temps ici pour en fin de compte céder la place à un autre. Qui va à la chasse perd sa place. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Ma voiture reste là, qu'ils aient du carburant ou pas. A défaut de gasoil et d'essence, mes camions ne fonctionnent plus » nous a appris l'opérateur économique Abdourahamane Soundi.
Pour savoir ce qui se passe au niveau de la Société des Hydrocarbures, on s'est entretenu avec l'inspecteur Aboubacar Abdoulwahabe alias Kadafi. « Nous livrons toujours du carburant aux stations service. D'ailleurs, ce matin nous en avons livré une énorme quantité aux stations. Sûrement ils font du stockage. A vrai dire ils sont en train de manigancer quelque chose » nous a-t-il répondu, tout pressant le pas.
« C'est faut ce que dit l'inspecteur de la société des Hydrocarbures. Nous avons fait la commande habituelle de 3000 litres. Ils ne nous ont livré que les 1000 litres. Une infime quantité vendue d'un seul trait » rétorque Mzé Ahmed Salim, gérant de la station Feeling. « Comme ils seront bientôt en rupture de stock, ils rationalisent », croit-on savoir.
En effet, l'inspecteur des Hydrocarbures cherche à dissimuler une vraie fausse pénurie, pourtant vécue chaque jour de plus en plus durement par le consommateur. Pourquoi mentir à la population, en lui faisant croire l'arrivée d'un bateau de dépannage, qui serait suivi après 15 jours d'une importante cargaison dont aucune date n'est connue.
Pendant ce temps c'est toute l'économie du pays qui replonge dans la paralysie, avec toutes les conséquences liées aux délestages d'eau et d'électricité qui en déclouent. Un peu plus de transparence ne ferait de mal à personne.
Adjmaël Halidi
Posté le 18.07.2008 par moindjie
’archipel des Comores a célébré, le 6 juillet dernier, le 33ème anniversaire de la proclamation unilatérale de son indépendance. Ce mois de juillet 2008 est riche en événements positifs pour l’archipel.
Après l’opération « Démocratie aux Comores », Anjouan retrouve sa légitimité constitutionnelle au sein de l’Union des Comores avec l’élection présidentielle de l’île autonome. L’investiture de son nouveau président, M. Moussa Toybou, a eu lieu le 7 juillet 2008 à Dar-Najah, le palais présidentiel de l’île d’Anjouan, pour une période de cinq ans. Dans son discours d’investiture, le Président Toybou a appelé « aux anjouanais d’être patients et d’œuvrer pour la stabilité, la paix, la réconciliation et de rejeter toute idée de séparatisme ». Le nouveau président de l’île autonome veut tourner la page sur l’épisode Mohamed Bacar, qui est actuellement détenue à l’île de la Réunion, en attendant de trouver un pays d’accueil. Soulignons que la France a refusé d’extrader Mohamed Bacar vers les Comores. Avec la constitution de la première équipe gouvernementale, le pouvoir dans l’île autonome doit pouvoir mobiliser les anjouanais et les mettre au travail pour faire redémarrer la machine économique, assurer une harmonisation entre les institutions de l’Union des Comores et celles de l’île autonome, développer de nouvelles infrastructures et enfin promouvoir un développement durable ancré dans la justice sociale et l’équité.
Pendant ce temps, le Président de l’Union des Comores, M. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a partagé sa vision et ses réflexions sur les institutions de l’Union et la problématique de Mayotte, à l’occasion de la célébration du 33ème anniversaire de l’indépendance. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à trois journalistes comoriens, dans le cadre de la célébration de l’indépendance. Le Président Sambi a précisé sa démarche sur la réforme constitutionnelle à venir qui, selon lui, est rendu nécessaire à la suite de la crise sécessionniste anjouanaise. Selon le Président Comorien, « après la libération d’Anjouan, nous devons nous retrouver sur la même table pour évaluer l’application de la constitution, ses atouts, ses blocages ». De son point de vue personnel, le Président Sambi pense que « nous n’avons pas besoin de 4 constitutions, de 4 présidents et de 4 parlements. Ces institutions ont un poids économique insupportable ».
Il a précisé sa pensée en indiquant qu’il compte « demander aux Comoriens si, oui ou non, nous avons besoin de toute cette architecture institutionnelle. C’est au peuple de choisir. Les Comoriens doivent se prononcer sur les conflits de compétences ». Il rappelle que « j’ai le pouvoir constitutionnel d’inviter les Comoriens à un référendum, mais j’ai opté pour une consultation large des Comoriens avec l’appui de la communauté internationale ».
Sur la question de Mayotte, le Président Sambi a apporté un nouvel éclairage sur le litige franco-comorien. Pour le Président Comorien, « Que les français le veuillent ou non, Mayotte est et restera comorienne »…, tout en reconnaissant que « nous n’avons pas la possibilité et les moyens de faire revenir Mayotte par la force ». Cependant, précise-t-il « au lieu de continuer à débattre et à discourir éternellement sur la question de Mayotte, nous devons réfléchir et rechercher les voies et moyens pour apporter un début de solution ». La conclusion du Président Sambi, « Mayotte reviendra dans le giron naturel le jour où les mahorais, eux-mêmes, demanderont de revenir ». Pour y parvenir, il pense que « notre devoir est de changer la situation économique et sociale aux Comores pour que les mahorais, eux-mêmes, s’estiment rassurés pour leur devenir ». Aussi, il déclare opposer à la consultation des mahorais par référendum mais il a indiqué sa disposition pour une nouvelle approche dans la négociation avec la France. Cette nouvelle approche a pris la forme d’un Groupe de Travail de Haut Niveau (Union des Comores, Mayotte et La France) qui s’est rencontré le 11 au 12 juillet 2008 à Moroni pour aborder des questions politiques, notamment la libre circulation des personnes et des biens entre les quatre îles de l’archipel. Nous y reviendrons ultérieurement.
La réflexion du Président Sambi, sur la constitution et les institutions, a le mérite de poser le problème du devenir des États archipel et du principe des droits des peuples à disposer d’eux –mêmes. L’expérience comorienne doit servir de leçons aux autres États archipels de l’Océan Indien, voire le monde insulaire. La question fondamentale demeure «comment respecter les droits, les devoirs et les spécificités des différents groupes humains vivant sur un même territoire (un Etat Archipel) et assurer leur développement dans une démarche de justice sociale et d’équité».
Posté le 18.07.2008 par moindjie
EN un mois à peine, se sont déroulés à La Réunion trois événements importants, décidés par des responsables politiques réunionnais, afin de renforcer l’union des peuples de notre région devant les graves problèmes communs qu’ils ont à résoudre.
Il y eut tout d’abord, les 13 et 14 juin, le séminaire "Co-développement durable des îles de la Commission de l’océan Indien (COI)" à la Région. Il a rassemblé les délégations des 5 pays membres de la COI : Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles, La Réunion. Leurs décisions conduisent à une stratégie commune pour faire face aux défis de la démographie, du climat et du capitalisme.
Puis, du 7 au 11 juillet, a eu lieu la première Conférence internationale sur les stratégies de l’Europe et l’Outre-mer face au changement climatique et à la perte de biodiversité. Les pays de la COI étaient là pour apporter leur contribution à ce combat pour le développement durable. Et Paul Vergès a souligné « l’importance de pouvoir développer des projets régionaux intégrés d’adaptation pour atténuer les effets du réchauffement planétaire ».
Enfin, hier a été signée une convention de coopération décentralisée entre les communes de Toamasina et du Port. Cette convention porte sur 4 ans et concerne pas moins de six axes de travaux. (voir en page 4-5)
Au même moment, se multiplient les actions solidaires avec les peuples voisins dans les domaines économiques et socio-culturels, grâce aux acteurs de la société civile. Tout cela prouve que c’est d’abord ici même et par nous-mêmes que nous allons avancer avec nos frères et sœurs de la région.
L. B.