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moindjie
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ce blog joue le rôle d'intermédiaire entre les Comores et ses citoyens a l'étranger
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24.01.2008
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Comores/France : Le nouvel ambassadeur de France est arrivé à Moroni

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Arrivé à Moroni hier mercredi 2 juillet 2008, le nouvel ambassadeur de France auprès de l'Union des Comores, Luc Hallade succède à Christian Job « admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juillet 2008 ». Job a quitté définitivement les Comores le 1er juillet avec tous les honneurs, (voir ici).
Si certaines personnes reprochaient à Christian Job une incompétence en matière diplomatique, (voir ici) le nouvel ambassadeur devrait être épargné d'un tel reproche.
Diplômé de Sciences Po Paris, ainsi que d'une école de commissaire de marine, Luc Hallade, 51 ans, jouit d'une longue expérience et connaît bien l'Afrique où il a occupé d'importantes fonctions. Il a été chef de la mission française de coopération par intérim en Côte d'Ivoire en 1995, puis chef du service de coopération et d'action culturelle au Cameroun, premier conseiller à l'ambassade de France au Congo-Brazzaville et numéro deux à l'ambassade de France en République démocratique du Congo (RDC). Ensuite, il a réintégré l'administration centrale du Quai d'Orsay.
Par ailleurs, notre région ne lui est pas inconnue, car Luc Hallade a travaillé des années durant dans la préfecture de La Réunion, puis au siège de la commission de l'Océan indien (Coi), dans les années 90, en qualité de chargé de missions.
Au moment où le groupe de travail de haut niveau (Gthn) vient d'être mis en place, on peut imaginer que le contentieux juridico-politique entre la France et les Comores sur l'île comorienne de Mayotte fera, en tout cas, partie de ses premières missions.
Luc Hallade présentera ses lettres de créance au Chef de l'Etat A.A.Mohamed Sambi (rentré à Moroni ce jeudi matin après avoir participé au sommet de l'UA en Egypte) tout comme l'ambassadeur de la Palestine aux Comores. L'Inde et le Koweit présenteront leurs lettres de créance à Beit-Salam le samedi.
Comores4



--

Comores: Affaire dite des hydrocarburesCoup de théâtre ou le droit a été dit ?

Posté le 03.07.2008 par moindjie

L'affaire dite des ''Détournement aux hydrocarbures'' qui a fait trop de bruit va bientôt prendre fin.
Après la libération de l'ancien ministre des Finances, Abou Oubeid Mzé Chei, et l'annulation du mandats d'arrêts international contre Souef Mohamed El Amine, Hamada Madi Bolero, Moindjié Saadi, [tous réfugiés en France, ndlr], Fakridine Mahamoud Mradabi [réfugié à Mayotte] et Mohamed Moindzé, actuellement à Madagascar, " la cour d'appel opte pour une démarche pédagogique", écrit Al-watwan, le journal de l'Etat comorien.
En effet Abdou Soefou et Msaidié retrouveront bientôt leurs libertés. Le premier, dans 3 mois environs et le second dans 20 jours.
Si la démarche de notre justice était de dire le droit, on ne peut que se réjouir d'avoir enfin retrouvé une justice équitable et indépendante tant entendue. Pourvu que ça dure et au profit de tous les citoyens.
Vous trouverez ci-dessous un article d'Al-watwan de ce jeudi 3 juillet.
Affaire dite des hydrocarbures
La Cour d'appel opte pour une démarche pédagogique
Ce procès a été plus qu'un procès contre des individus seulement. La cour d'appel a tenu un procès pédagogique, dont la finalité est de déceler les fuites et les violations des procédures et des règles comptables pour prévenir et encourager une culture d'intégrité.
La Cour d'appel, qui a rejugé l'affaire dite des ''Détournement aux hydrocarbures'', est allée dans le fond du dossier pour comprendre les mécanismes du circuit de la dépense et de l'exécution budgétaire et situer les responsabilités.
L'ancien directeur de la Sch, Abdou Soefo, au centre du procès, voit sa peine commuer en 23 mois de prison contre 4 ans et la restitution d'une somme de 55 millions au lieu des 880 millions cumulés avec la confiscation de ses biens en première instance. Désormais, la Cour d'appel ne cumule pas la restitution des sommes détournées avec la confiscation de ses biens. ''Ils lui seront restitués une fois, le remboursement effectué'', précise son avocat Ibrahim Mzimba. Concrètement Abdou passera encore près trois mois en prison, avant de retrouver la liberté.
Sur ces 55 millions détournés, 32 millions ont servi à financer la campagne électorale du candidat Ibrahim Halidi, soutenu par la coalition composée par la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) de Abdou Soefo et le parti Shuma. Les 23 millions restants ont servi à financer le comité de suivi, mais les conditions de décaissement et de la dépense ''n'ont pu été justifiées'', selon le juge. Ibrahim Mzimba a plaidé la relaxe, en tenant compte des vingt mois passés en prison, mais la Cour a rajouté trois mois, n'accédant pas entièrement à la plaidoirie de l'avocat.
Houmed Msaidié qui a ordonné, en qualité de directeur de cabinet de la présidence, le décaissement des 32 millions aux hydrocarbures, somme qui a servi à la campagne, écope d'une peine de sept mois de prison. Il lui reste 20 jours avant de retrouver la liberté.
Les sommes annoncées de détournement en première instance n'ont pas été retenues. Il fallait, dans le cadre de cette affaire déterminer l'abus de confiance, identifier le préjudice avant de le qualifier et de fixer les sommes détournées.
En première instance, les nommés Mourad Bazi, Abdérémane Ahmed Koudra, Ahmed Barwane, ...avaient été poursuivis pour détournement de fonds alors qu'ils n'avaient aucune responsabilité à la société comorienne des hydrocarbures.
Même motif d'inculpation pour Abou Oubeidi Mzé Cheih. L'ex-ministre des Finances avait été, lui aussi, associé à des détournements sur des faits antérieurs à ses prises de fonctions.
Ce procès a été plus qu'un procès contre des individus seulement. La Cour d'appel a tenu un procès pédagogique, dont la finalité est de déceler les fuites et les violations de procédures et des règles comptables pour prévenir et encourage une culture d'intégrité.
Ahmed Ali Amir
Al-watwan N° 1106 du 3 juillet 2008

DES PEINES LOURDES POUR LE RESEAU DE TRAFIQUANTS

Posté le 03.07.2008 par moindjie

DES PEINES LOURDES POUR LE RESEAU DE TRAFIQUANTS
Ce mercredi, le tribunal de grande correctionnelle a rendu son verdict dans l'affaire du trafic de clandestins et de bangué entre Anjouan et Mayotte jugé il y a 15 jours. Le chef du réseau,Abdourazak, toujours en liberté et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international a été condamné par contumace à 8 ans de prison ferme et une interdiction définitive de séjour sur le territoire français. Pour ses relais sur Mayotte, "Sammy", qui s'occupait de la réception et de la vente du bangué sur l'île, est condamné à 5 ans d'emprisonnement dont un an avec sursis, ce qui signifie que si dans les cinq années à venir il ne fait l'objet d'aucune condamnation, il n'aura pas à effectuer cette dernière année. Il est par ailleurs interdit définitivement de séjour sur le territoire. Rozette, qui collectait l'argent pour le passage des clandestins, est condamnée à 4 ans de prison dont une année avec sursis.

􀀗Enfin le commerçant Noudian a été reconnu coupable d'avoir investit dans le trafic en fournissant à Abdourazak du matériel pour la construction de barques. Il est condamné à 4ans de prison dont un ans avec sursis et à une interdiction de séjour de 10 ans. Tous les biens saisis lors de la perquisition à son domicile ont été confisqués.

Source : Jeudi 3 juillet 2008 - FI n°2124

Commentaire wongo :

Abdouroizak peut dormir tranquille à Anjouan. Selon la CNDS la surpopulation carcérale à Majicavo, a des conséquences inacceptables, La réciprocité s'applique sans problème, dans ce cas.

COMORES : LUEUR D'ESPOIR

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Par Nad SIVARAMEN

Ceux qui aiment positiver verront la récente élection de Moussa Toybou en tant que nouveau président de l'île d'Anjouan comme le début d'une ère nouvelle dans l'archipel des Comores.

Certes, le successeur de Mohamed Bacar, (qui pour rappel avait été chassé du pouvoir en mars dernier, avec le soutien militaire de l'Union africaine), est un proche du président de l'Union des Comores, Abdallah Sambi. On peut ainsi s'attendre à ce que, sur le plan des échanges internes, la tension entre les trois îles de l'archipel, accentuée sous la pression séparatiste de Bacar, se dissipe.

D'ailleurs en ce qu'il s'agit du scrutin lui-même, contrairement aux atrocités notées au Zimbabwe, tous les observateurs étrangers ayant séjourné à Anjouan durant le week-end, n'ont pas manqué d'afficher leur satisfaction devant le calme qui y a prévalu. Et ce, malgré la lutte serrée entre Toybou, un ingénieur des travaux publics et son plus proche concurrent, Mohamed Djaanfari, par ailleurs ancien vice-président de l'assemblée nationale des Comores. Ce qui augure des lendemains meilleurs pour ce pays réputé pour son instabilité chronique.

Mais d'autres sources d'agitation se profilent à l'horizon. A commencer par l'ordre social. L'inflation mondiale rend difficilement supportable le quotidien du Comorien. Celui-ci éprouve de plus en plus de difficultés à survivre à cause du prix, en hausse constante, des carburants. Et alors que l'administration Sambi entraînait ses soldats pour reconquérir Anjouan, la situation sociale n'a pas cessé de se dégrader.

Ce qui pousse les Comoriens à tenter, malgré tous les obstacles, de regagner les côtes françaises de Mayotte, au péril de leur vie. Résultat, le gouffre diplomatique entre les Comores (qui ne cessent de clamer leur souveraineté sur Mayotte) et la France ne cesse de se creuser . Tout dernièrement, la décision de la justice française de ne pas extrader Mohamed Bacar aux Comores, en dépit du fort lobbying de Sambi, n'a fait qu'envenimer les relations entre les deux pays.

Le président Sambi, qui a un excellent réseau parmi les pays-membres de l'Organisation de la Conférence islamique, fortement représentés au sein de l'Union africaine, a, de nouveau insisté, au sommet de l'Egypte pour que « le gouvernement français accélère le processus de négociation avec le gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l'île comorienne de Mayotte dans l'ensemble comorien. »

Or, connaissant l'attachement de La France au récif qu'est Trombine, ou tout autre bout de terre dans l'océan Indien, il est évident que La France nourrit d'autres projets, tout à fait contraires au souhait de Sambi. Reste à souhaiter que celui-ci se focalisera sur son peuple avant de se lancer dans une croisade contre La France !

Source : http://www.lexpress.mu/

WHO'S WHO : Luc Hallade

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Le nouvel ambassadeur de France aux Comores, qui remplace Christian Job parti en retraite, est issu des services de coopération de l'administration. Luc Hallade, 51 ans, a ainsi été chef de la mission française de coopération par intérim en Côte d'Ivoire en 1995. Par la suite, il a dirigé le service de coopération et d'action culturelle au Cameroun, puis a été premier conseiller à l'ambassade de France au Congo-Brazzaville. Ces dernières années, il était numéro deux à l'ambassade de France en République démocratique du Congo (RDC), avant de réintégrer récemment l'administration centrale du ministère des affaires étrangères à Paris. Diplômé de Sciences Po Paris, Hallade possède une expérience en matière de défense. Il est en effet diplômé d'une école de commissaire de marine, ce qui lui a permis d'être commissaire d'un aviso-escorteur (1980-1981), puis commissaire adjoint de l'unité administrative de la marine à La Réunion (1981-1982).

Comorobeach via la lettre de l'océan indien

Comores : L'État français passible de crime contre l'humanité

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Au regard du droit international, Mayotte n'est pas un Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien illégalement occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque années de l'île des milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la puissance coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population ”, donc de crime contre l'humanité.
L'État français, soucieux de présenter un visage émancipateur, a utilisé, et continue d'utiliser les vocables et expressions “ décolonisation ”, “ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ”. Dans la plupart des cas, cela ne mange pas de pain. La réalité est tout autre lorsqu'il s'agit de peuples et de territoires encore colonisés par la France.

Dans les années 1960, sous le règne du général de Gaulle, on avançait que les peuples d'Afrique s'étaient affranchis de la tutelle coloniale et avaient gagné leur indépendance. Pourtant, dans la plupart des cas – les guerres d'Algérie et d'Indochine constituant une exception –, les indépendances “ accordées ” ont été assorties d'accords dits de “ coopération ” économiques et militaires tout à l'avantage de l'ex-colonisateur. Donnant-donnant : Paris a commencé à soutenir des dictateurs fantoches, qui en retour ont accordé un droit de pillage des ressources naturelles de leur pays par des firmes françaises. Ainsi est née la Françafrique, théâtre de marionnettes à l'échelle d'un continent, dont les ficelles étaient tirées depuis l'Elysée, ou depuis la “ Rue Monsieur ”, dans le VIIe arrondissement de Paris, où siégeait le ministère de la Coopération, spécialement créé en 1959 par de Gaulle pour gérer les relations bilatérales avec les pays du “ champ ” [1].
Décolonisation ? Néocolonialisme ? En fonction des circonstances, le vêtement s'est avéré réversible.
La décolonisation de l'archipel des Comores, au large de Madagascar, s'est lui déroulé de façon très particulière. Avant de rendre son indépendance au pays, Paris l'a en effet amputé d'une partie de son territoire, Mayotte [2]. L'archipel est composé principalement de quatre îles : Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Maoré (en français Mayotte). Lorsque le 22 décembre 1974 un référendum sur l'indépendance est organisé, les Comoriens et Comoriennes votent Oui à 95 %. Le Non n'est majoritaire, de peu, qu'à Mayotte. Le gouvernement français de l'époque, malgré sa promesse de respecter le choix global de la population, en profite pour maintenir sa souveraineté sur cette seule île. Ce qui dès lors, au regard du droit international, devenait une “ occupation ”, que l'ONU condamnera plus de vingt fois.


Archipel amputé


Dès le 12 novembre 1975, la résolution 3385 affirmait la “ nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores ”. Le 6 février 1976, lors d'un nouveau débat sur la question, le vote est bloqué par Paris, unique cas dans l'histoire de cette organisation où la France a opposé seule son veto ! Il faut dire que deux jours plus tard, l'État français organisait sur l'île une “ consultation ” qui donnera cette fois... 99,4 % de Oui à l'occupation française ! Un résultat à faire pâlir d'envie tout régime despotique. Pour y parvenir, il aura fallu faire émerger la faune des petits potentats du Mouvement populaire mahorais (MPM), manipulés par l'Action française, des militants de l'ex-OAS et les gaullistes, user d'intimidation face à une population majoritairement illettrée, et déporter les indépendantistes vers les autres îles, entassé-e-s dans des boutres. Toute cette mascarade sera à nouveau condamnée par l'ONU. Dans son ouvrage, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Pierre Caminade expose les motivations françaises : les matières premières comme la vanille et l'ylang-ylang, certes, mais surtout une présence militaire dans cette région – le canal du Mozambique – où passent deux tiers du pétrole exporté du Moyen-Orient. Le livre analyse le processus de “ dom-tomisation ”, puis ses conséquences, notamment la déstabilisation du reste des Comores, devenu chasse gardée d'une clique de mercenaires, Bob Denard en tête : vingt-cinq tentatives de coups d'État en 25 ans, Mayotte servant souvent de base arrière aux barbouzes agissant pour le compte de la République française, puis pour leur propre compte [3].


Le chaos comorien


Entre 1976 et 1994, pour ne pas aggraver la crise née de la partition, le colonisateur a maintenu la liberté de circulation entre les différentes îles. Les Comoriens et Comoriennes ont donc pu continuer à visiter leur famille de part et d'autre de la “ frontière ”, chercher du travail, commercer, etc. Mais en 1994, pour couper davantage Mayotte du reste de l'archipel, le gouvernement Balladur a inventé ce que Pierre Caminade appelle le “ visa scalpel ”, obligeant les Comoriens des autres îles à obtenir un visa pour venir à Mayotte. La liberté de circulation entre les quatre îles se trouvait ainsi entravée et, surtout, la France plongeait du même coup dans la clandestinité toutes les Comoriennes et Comoriens non mahorais présents sur le sol de Mayotte. Devenus “ illégaux ”, ils et elles sont désormais à la merci du patronat mahorais qui peut les faire travailler au noir dans des conditions misérables. Une telle situation ne peut que créer des tensions entre la population de Mayotte et celle des trois autres îles, les Mahoraises et Mahorais étant désormais vus comme des profiteurs par les autres Comoriennes et Comoriens, eux-mêmes désormais considérés comme des “ immigrés ”. Une division qui profite évidemment aux autorités coloniales.
Des rafles gigantesques sont régulièrement organisées pour “ expulser ” les indésirables, dans des conditions de violence inouïe. Selon l'association Survie, “ les maisons de ces “clandestins” sont régulièrement incendiées avec la bénédiction de maires, du préfet et sous la protection de la gendarmerie. Les victimes sont entassées dans des centres de rétention en attendant leur déportation vers les autres îles ”. Ce faisant, Mayotte étant, au regard du droit international, un territoire des Comores illégalement occupé par une puissance étrangère, la France se rend coupable de “ déplacements forcés de populations ” qui sont “ un crime contre l'humanité, passible de la Cour pénale internationale (articles 7.1.d et 7.2.d des Statuts de Rome) pour ceux commis depuis son entrée en vigueur, en juillet 2002 ” [4]. Fort heureusement pour la France, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale de l'ONU depuis 1995.
Malgré le danger, des milliers de Comoriennes et Comoriens tentent chaque année de franchir le bras de mer qui les sépare de Mayotte. Des centaines périssent noyé-e-s.


Mayotte aujourd'hui


Mayotte est une île pauvre de 201 234 habitantes et habitants, où le produit intérieur brut par habitant n'était que de 2 600 $ par habitant en 2003 (contre 27 800 $ en métropole). Étonnamment, pour une population qui a voté à plus de 99 % pour être “française”, trente ans plus tard l'illettrisme en français est toujours de 35 % pour les hommes et 40 % pour les femmes. Les gens préfèrent parler malgache ou mahorais, la langue du colonisateur étant plutôt rejetée.
En 1999, presque 30 % de la population n'avait pas l'eau courante, ou pas l'électricité ; 85% n'avait ni WC avec chasse d'eau, ni douche ni baignoire ; 65 % pas de réfrigérateur ; 92% pas de machine à laver. En 1999, 30 % des hommes et 70 % des femmes étaient au chômage (probablement davantage aujourd'hui), sachant que le RMI n'est pas appliqué à Mayotte. En effet, depuis 1976 la France a inventé pour Mayotte le statut de “ collectivité territoriale ”, laissant l'île très largement à l'écart du droit commun.
Ainsi les Mahorais et Mahoraises peuvent choisir entre le statut de droit commun, identique à la métropole (administrations, tribunaux, etc.), et un “statut personnel” dérogatoire au code civil et à la laïcité, et réservé aux musulmans. Pour ceux et celles relevant du “ statut personnel ”, la justice est rendue par des cadis, dans le cadre de la Charia. Les cadis sont des fonctionnaires religieux nommés et rémunérés par le préfet, Jean-Paul Kihl. Le droit de répudiation des femmes par leur mari, ainsi que la polygamie, ont néanmoins été interdits depuis la loi du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer.
La loi du 11 juillet 2001 prévoit en effet l'application progressive du droit commun, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Une évolution qui impliquerait la disparition du “ statut personnel ” et l'application du RMI. De loin, on peut y voir un progrès. Le problème est que cette évolution est “ subie ” par le peuple mahorais, comme une directive coloniale, et ne procède pas d'une authentique volonté populaire.
Quoi que prétendent nos dirigeants de tous bords, c'est une imposture de déclarer que Mayotte doit rester dans le giron d'une France qui foule aux pieds le droit le plus élémentaire de se retrouver et de vivre ensemble pour le peuple comorien. L'État français doit quitter Mayotte et laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir.


Ngoc (AL Paris-Sud)

[1] Le ministère de la Coopération a été fondu au sein du ministère des Affaires étrangères le 1er janvier 1999. Le gouvernement Jospin voulait par cet acte symbolique signifier que, désormais, les relations entre la France et ses ex-colonies ne seraient plus marquées du sceau de l'exception, mais répondraient aux règles de la diplomatie classique. Dans ce cadre, Brigitte Girardin est l'actuelle ministre déléguée à la Coopération et à la Francophonie.
[2] En fait l'archipel des Comores avait déjà lui-même été amputé de Madagascar par les Français en 1946.
[3] Pierre Caminade, Comores-Mayotte, une histoire néocoloniale, Agone, 2003, 192 pages, 11 euros.
[4] Survie, communiqué du 20 décembre 2005.


Publié le 12 mars 2007 par CAL Paris-Sud

L'UN DES OBJECTIFS DU PROCHAIN RENDEZ-VOUS DU GTHN, LE RETOUR DE MARIA

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Cliquez sur la photo pour l'agrandir
wongo

Mayotte: Serge Castel déçu par Yves Jégo

Posté le 03.07.2008 par moindjie
En mission à Paris cette semaine, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Mayotte, Serge Castel, le président du Medef local, Michel Taillefer, un délégué du syndicat Force ouvrière et un représentant du port de Mayotte ont été très surpris de l'accueil peu chaleureux que leur a réservé le secrétaire d'Etat français chargé de l'Outre-mer, Yves Jégo. Cette rencontre, maintes fois reportée, a finalement eu lieu le 30 juin à 8 heures et n'a duré guère plus de trois quart d'heure.

Jégo s'y est présenté seul, sans aucun de ses collaborateurs, et il s'est montré plutôt cassant envers ses interlocuteurs qui l'avaient pourtant prévenu des thèmes qu'ils souhaitaient aborder (exonération de charges sociales, aide au fret, non restriction des procédures de défiscalisation, etc.). Sur tous ces points, c'est le statu quo et le secrétaire d'Etat n'a rien proposé de nouveau.

En tout cas, il ne leur a pas tenu un langage diplomatique. Jégo a été catégorique sur le maintien de Mayotte dans le giron français, malgré la demande du gouvernement de l'Union des Comores de retrouver sa souveraineté sur cette île. Par contre, il s'est montré moins enthousiaste sur le souhait des élus et des chefs d'entreprise de Mayotte de voir l'île obtenir le statut de département français. Jégo a même précisé qu'avant le référendum prévu sur ce point, l'Etat français se chargerait de présenter à la population de Mayotte les avantages et les travers du statut de département. Une manœuvre dissuasive ?


Comorobeach via la lettre de l'océan indien

Christian Job a quitté les Comores avec tous les honneurs

Posté le 03.07.2008 par moindjie
Le très remarquable ancien ambassadeur de France aux Comores, Christian Job, a quitté définitivement les Comores le mardi 1er juillet 2008, après avoir terminé sa mission qui a durée trois ans et quatre mois. Il est remplacé par Luc Hallade.
Pour remercier ce très célèbre diplomate, un pot ''d'adieux et d'au revoir'' a été organisé à l'hôtel Le Moroni, la veille de son départ.
A cette occasion, Christian Job a été élevé au rang de commandeur du Croissant vert, l'une des prestigieuses distinctions du pays, par le vice-président Idi Nadhoim, qui assure l'intérim du chef de l'Etat. Ce dernier participait au 11e Sommet ordinaire de l'Union africaine à Charm el-Cheikh, en Egypte et devrait rentrer au pays le vendredi.
Comme la coutume l'oblige en pareille circonstance, des discours ont été prononcés.
Le ministre des Relations extérieures par intérim, Houmadi Abdallah, a salué les efforts déployés par l'ambassadeur pour raffermir et consolider les liens qui existent entre les deux pays. ''Durant votre séjour aux Comores, vous n'avez ménagé aucun effort pour suivre de près l'évolution de la situation de mon pays et de proposer en conséquence les voies et moyens pour la solution de différentes crises que ce pays à connues. Vous avez pris une part active dans la préparation et l'organisation de la conférence des bailleurs de fonds de Maurice en faveur des Comores'', a laissé entendre le ministre Houmadi Abdallah avant d'ajouter : ''La part prépondérante que votre pays a consentie pour le développement des Comores en ces circonstances, témoigne de l'intérêt que vous et votre pays accordez à cet archipel'', a rapporté Al-watwan.
De son côté, Christian Job a remercié le chef de l'Etat comorien pour la distinction qui lui a été conférée. Et avec son ''franc parler'' il a ardemment souhaité que ''les quatre îles soeurs (Anjouan, Mayotte, Mohéli et Grande-Comore) se retrouvent dans un cadre familial''.
Par ailleurs, Christian Job n'a pas manqué l'occasion pour préciser qu'il va quitter les Comores avec ''un pincement au coeur'', car il gardera de bons souvenirs de notre beau pays.
En effet, on retiendra de cette dernière phrase une sincérité sans langue de bois. Mais la vraie question est de savoir si les comoriens -hormis ses amis- retiendront de ce diplomate des bons souvenirs!
Comores4

Portrait du nouveau président d'Anjouan

Posté le 03.07.2008 par moindjie
L'ingénieur de 46 ans, qui vient d'être élu à Anjouan, entend mettre à profit, dans ces nouvelles fonctions, ''une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''
Au cours de la campagne électorale, le nouveau président de l'île d'Anjouan se présentait aux journalistes venus à sa rencontre comme un homme de terrain et d'expérience. L'ingénieur de génie civil, né en novembre 1962 à Ongoju et formé en Algérie, avait connu, successivement, les arcanes du pouvoir et les dures réalités de l'arrière pays.
Il a été, un temps, directeur de cabinet d'un ministère puis ministre de l'équipement sous le régime du regretté Said Mohamed Djohar. Mais, il a passé l'essentiel de sa carrière sur le terrain à Anjouan notamment en tant que directeur des travaux publics et puis ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire (Fadc) au niveau de l'île.
S'il avait été écrit quelque part que Toybou serait président d'Anjouan, il n'en demeure pas moins qu'il le doit largement au coup de pouce du président de l'Union, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi avec le soutien du Mouvement citoyen pour la justice et le progrès (parti du président). Le chef de l'Etat avait, en effet, exhorté ses amis à aider l'enfant du Nyumakele, qui était resté, jusque-là, assez peu connu sur la scène politique. Au cours des meetings comme celui de Pomoni, les orateurs se sont souvent référés au président Sambi, considéré comme un gage de succès.
C'est pourquoi, certains ont pu dire que cette victoire était indissociable du président de l'Union qui avait mis sa crédibilité dans la balance.
Interrogé sur les raisons de ce choix du chef de l'Etat en marge d'un meeting lors de la campagne du premier tour, le président élu a répondu : ''Le président Sambi m'a dit qu'il votera pour moi. Les autres candidats voulaient également que le président Sambi les soutienne. Mais comme le programme du président est axé sur la reconstruction de l'île et que je suis un ingénieur de construction qui a fait ses preuves dans ce pays, il a estimé que je suis l'homme le plus capable de mettre en oeuvre son programme''.
Au cours de ses meetings, M Toybou semblait sûr de son approche du développement d'Anjouan : ''Je connais les mécanismes qui peuvent sortir Anjouan du sous développement puisque j'ai une expérience acquise dans différentes régions de l'île'', disait-il.
Quant à ce qui le distingue de son rival, Mohamed Djaanfari, le nouveau président d'Anjouan a donné cette explication au cours d'une interview : ''La différence entre moi et Mohamed Djaanfari est que je sais ce qui peut sortir les Anjouanais du sous développement. J'ai vécu ici, j'y ai acquis une expérience'' en mettant en avant ses acquis d'ancien directeur des travaux publics et d'ingénieur principal du Fonds d'appui au développement communautaire. Il affirme avoir ''l'avantage d'une expérience technique de terrain et une expérience politique qui peuvent entrer en synergie''.
Au chapitre de ses priorités, la réconciliation parmi les Anjouanais. Au cours de la campagne, Toybou a promis de travailler, une fois élu, à ''la réconciliation entre Anjouanais en vue de préserver la paix civile car sans la réconciliation et la paix civile, l'île d'Anjouan ne peut pas décoller''.
Pour lui, l'unité nationale des Comores doit être défendue et préservée mais, en même temps, ''Anjouan a besoin d'avoir ses droits au sein de l'Union''.
Au cours d'un entretien lors de la campagne du premier tour, il avait affirmé souhaiter la réhabilitation des anciens cadres de Mohamed Bacar au nom de la réconciliation et parce qu'ils sont utiles. ''Je suis pour leur réhabilitation.
Certains sont de grands cadres expérimentés qui peuvent servir l'île. Si parmi eux, il y en a qui ont commis des exactions, la justice fera son travail mais j'estime qu'il faut des preuves pour cela''.
Ali Moindjié
Al-watwan N° 1105 du 2 juillet 2008
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